L’exposition aux pesticides environnementaux et en milieu de travail 

L’exposition aux pesticides environnementaux et en milieu de travail 

Les pesticides sont un groupe de composés chimiques utilisés pour contrôler et éliminer des parasites comme les mauvaises herbes, les champignons, les insectes et les rongeurs.[1] À l’échelle mondiale, plus de quatre milliards de kilogrammes de pesticides sont utilisés chaque année pour augmenter la production alimentaire et prévenir la détérioration.[2] Plus de 130 millions de kilogrammes de pesticides sont vendus au Canada chaque année.[3] Plusieurs pesticides comme l’aldrine, le chlordane et le DDT ont été bannis en raison de leur toxicité; toutefois, beaucoup d’entre eux se retrouvent encore dans notre air, notre sol et notre eau.[4]

La majorité des pesticides actuellement utilisés au Canada sont classifiés par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) comme étant probablement ou possiblement cancérogènes pour l’humain (groupes 2A et 2B), ou inclassables quant à leur cancérogénicité pour l’humain (groupe 3).[5] Cependant, certains agents cancérogènes connus du CIRC (groupe 1) sont encore présents dans l’environnement et les milieux de travail canadiens malgré le fait qu’ils soient interdits (p. ex. DDT) ou que leur utilisation soit restreinte (p. ex. lindane, pentachlorophénol). Parmi les cancers liés aux pesticides, citons le lymphome non hodgkinien, le myélome multiple, la leucémie lymphoïde chronique, ainsi que le cancer de la prostate, du pancréas, des testicules, des poumons et les cancers de la peau autres que le mélanome.[6,7,8]

Ressources de CAREX Canada sur l’exposition aux pesticides

CAREX Canada a élaboré les ressources suivantes pour aider pour aider à caractériser l’exposition des Canadiens aux pesticides :

Profils

Nous offrons des profils pour plusieurs pesticides auxquels les Canadiens peuvent être exposés. Les profils fournissent des renseignements généraux sur chaque pesticide, leurs principaux usages, leurs effets sur la santé, les règlements et les lignes directrices liés à l’exposition au Canada, ainsi qu’un aperçu des expositions en milieu de travail et dans la communauté. On peut les consulter sur notre page Fiches et estimations en sélectionnant Pesticides à partir de la liste des catégories.

Estimations de l’exposition en milieu de travail 

*NOUVEAU* Ces estimations montrent le nombre de travailleurs exposés au chlorthalonil, 2,4-D, et au glyphosate dans l’industrie agricole, et présentent les données par genre de ferme et par région. 

Estimations sur les expositions environnementales

Nous offrons deux types distincts d’estimations sur les expositions environnementales aux pesticides : l’exposition potentielle et le risque de cancer excédentaire à vie.

*NOUVEAU* (1) Exposition potentielle : Ces estimations (autour de 2016) révèlent le nombre de personnes potentiellement exposées à chaque pesticide par région en fonction de la proximité de leur domicile à des régions agricoles et présentent des cartographies nationales de l’usage estimé des pesticides en agriculture. Au Canada, nous estimons que :

  • plus de 1,5 million de personnes vivent dans des régions ayant un potentiel plus élevé pour l’exposition au chlorothalonil
  • plus de 2 millions de personnes vivent dans des régions ayant un potentiel plus élevé pour l’exposition au 2,4-D
  • plus de 2 millions de personnes vivent dans des régions ayant un potentiel plus élevé pour l’exposition au glyphosate

 

(2) Estimations du risque de cancer excédentaire à vie : Ces estimations (autour de 2011) se fondent sur l’excès de risque de cancer à vie comme un indicateur de l’exposition des Canadiens à des cancérogènes connus ou présumés dans l’environnement. Nous offrons des estimations de l’exposition quotidienne et du risque de cancer pour le chlorthalonil, le dichlorvos, le lindane et le pentachlorophénol.

 
Utilisation du glyphosate au Canada selon toutes les cultures agricoles, 2016
*Toutes les valeurs inférieures à 0,2 kg par km2 sont classées comme zéro

Exposition aux pesticides dans l’alimentation

Les personnes qui vivent à proximité de terres agricoles peuvent avoir une exposition accrue aux pesticides en raison de la consommation potentielle d’eau contaminée, de l’inhalation à la suite de l’application ou de la dérive, ou du contact direct avec la poussière.[9] Toutefois, la consommation d’aliments constitue la principale voie d’exposition à la plupart des pesticides dans la population générale.[10] Plus de 85 % des fruits et légumes cultivés de façon traditionnelle aux États-Unis contenaient des résidus de pesticides.[11] Les fruits et légumes biologiques contiennent moins de résidus de pesticides que ceux qui sont cultivés de manière traditionnelle,[12] mais la contamination par les pesticides peut se produire par la dérive de pulvérisation ou la pulvérisation aérienne dans les champs avoisinants ou par l’utilisation d’eau contaminée.[13] Les aliments peuvent aussi devenir contaminés après la récolte s’ils sont entreposés ou transportés avec des légumes cultivés de façon traditionnelle ou dans un endroit qui a été traité avec des pesticides.[12] La viande, les produits laitiers et les fruits de mer peuvent également contenir des résidus de pesticides provenant de leurs sources alimentaires et de l’environnement et qui peuvent s’accumuler dans le gras de l’animal.[14]

Malgré l’usage répandu de pesticides dans le secteur agricole, la plupart des fruits et légumes contiennent des résidus de pesticides bien en-deçà de la concentration maximale permise par la loi.[15] Au Canada, moins de 2 % des fruits et légumes cultivés au pays et 7 % des fruits et légumes importés testés contiennent une concentration de pesticides supérieure à la limite permise.[15]

Réduire l’exposition aux pesticides dans les aliments

Les fruits et les légumes font partie intégrante d’une alimentation saine puisqu’ils fournissent des antioxydants, des fibres et des nutriments essentiels et doivent être consommés tous les jours.[16] Une alimentation faible en fruits et en légumes constitue en soi un facteur de risque qui contribue de façon importante au fardeau du cancer.[17] Les bienfaits que procure la consommation de fruits et de légumes (qu’ils soient cultivés de façon traditionnelle ou biologique) dépassent de loin les risques pour la santé associés à l’apport alimentaire de pesticides.[18]

Toutefois, on peut minimiser cette exposition de plusieurs manières. Rincer les fruits et légumes à l’eau courante pendant au moins 30 secondes à deux minutes en les frottant ou en les brossant, les blanchir, les faire bouillir ou les laisser tremper dans des solutions d’eau (avec du sel, du vinaigre ou du bicarbonate de soude) sont tous des moyens efficaces de réduire les pesticides en surface, même si cette efficacité varie selon le fruit ou le légume et le pesticide en question.[19] Le pelage des fruits et des légumes constitue la façon la plus efficace d’éliminer les résidus de pesticides en surface, mais cela peut toutefois entraîner la perte de composés bénéfiques présents dans la pelure de certains fruits et légumes comme les pommes, par exemple.[20]

Retirer le gras de la viande peut aussi réduire l’exposition, étant donné que les pesticides tendent à se concentrer dans la graisse des animaux.[21] Si les consommateurs souhaitent donner la priorité à l’achat de certains fruits et légumes biologiques, les aliments avec un extérieur comestible (p. ex. pommes, raisins, courgettes) sont un bon choix. Les aliments avec des couches externes non comestibles (p. ex. bananes, mangues) présentent un risque moindre d’exposition aux pesticides car la peau est enlevée avant de manger.[19]

Bibliographie

Sources

1. United States Environmental Protection Agency (EPA). Types of Pesticide Ingredients (2018)
2. Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO). FAOSTAT – Pesticide Use (2019)
4. Environment et Changement Climatique Canada. Les Pollutants Organiques Persistants (2000)
5. Centre international de recherché sur le cancer (CIRC). Agents Classés par les monographies du CIRC, Volumes 1-125 (2020)
6. Centre international de recherché sur le cancer (CIRC). Monographies du CIRC, Volume 112: Evaluation of five organophosphate insecticides and herbicides (2015) (PDF)
8. Alavanja M, Bonner M. “Occupational Pesticide Exposures and Cancer Risk: A Review.” J Toxicol Environ Health 2012;15(4):238–63.
9. Damalas CA, Eleftherohorinos IG. “Pesticide Exposure, Safety Issues, and Risk Assessment Indicators.” Int J Env Res Public Heal 2011;8(5):1402–19.
10. Oates L, Marc C. “Assessing Diet as a Modifiable Risk Factor for Pesticide Exposure.” Int J Environ Res Public Health 2011;8:1402-19. Doi: 10.3390/ijerph8051402.
11. United States Department of Agriculture. Pesticide Data Program, Annual Summary, Calendar Year 2015 (2015) (PDF)
12. Benbrook C, Baker B. “Perspective on Dietary Risk Assessment of Pesticide Residues.” Sustainability 2014;6(6):3552–70. (PDF)
13. Maynard E, Bryan O, Riddle J. Watch Out for: Pesticide Drift and Organic Production (2012) (PDF)
16. Kaur C, Kapoor H. “Antioxidants in fruits and vegetables – the millennium’s health.” Int J Food Sci Technol 2001;36:703–25.
17. Poirier AE, Ruan Y, Heber LA, Grevers X, Walter SD, Villeneuve PJ, et al. “Estimates of the current and future burden of cancer attributable to low fruit and vegetable consumption in Canada.” Prev Med 2019;122:20–30.
20. Yang T, Doherty J, Zhao B, Kinchla AJ, Clark JM, He L. “Effectiveness of Commercial and Homemade Washing Agents in Removing Pesticide  Residues on and in Apples.” J Agric Food Chem 2017;65(44):9744–52.
21. Bajwa U, Sandhu KS. “Effect of handling and processing on pesticide residues in food – A review.” Food Sci Technol 2014;51(2):201–20.

AUTRES RESSOURCES

Répertoire des politiques de prévention:  Nous suggérons également de consulter le Répertoire des politiques de prévention, un outil d’information en ligne offert gratuitement portant sur les politiques de prévention du cancer et des maladies chroniques. Le Répertoire résume les politiques et donne un accès direct aux documents, et il permet donc aux utilisateurs d’effectuer une recherche selon le cancérogène, le facteur de risque, la province ou le territoire, le lieu et le type de document. Si vous avez des questions à propos de cet outil, veuillez écrire à un des membres de l’équipe de prévention du Partenariat canadien contre le cancer à primary.prevention@partnershipagainstcancer.ca.

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