Aborder la sécurité solaire dans le contexte du travail au Canada

CAREX Canada a déterminé que le rayonnement solaire (rayons de longueur d’ondes variant entre 100 et 400 nanomètres sur le spectre électromagnétique) était une question prioritaire pour ce qui est de la réduction des expositions dans les milieux de travail canadiens, parce qu’environ 1,5 million de Canadiens sont exposés au soleil dans leur lieu de travail.[1] L’exposition au soleil est un danger qui peut causer le cancer de la peau, le stress thermique et d’autres problèmes de santé graves qui peuvent tous être évités. Les personnes qui travaillent à l’extérieur sont 2,5 à 3,5 fois plus susceptibles d’avoir un cancer de la peau que celles qui travaillent à l’intérieur.[2] Les résultats du projet Fardeau du cancer professionnel indiquent qu’environ 4 600 cancers de la peau autres que le mélanome sont attribuables au rayonnement solaire en milieu de travail chaque année, ce qui représente 6,3 % des cas de cancers de la peau de type non-mélanome diagnostiqués annuellement.[3] Ces cas représentent chaque année 34,2 millions de dollars en coûts directs et indirects, en plus des frais médicaux, des dépenses personnelles et des coûts de productivité.[4]

Projet de sécurité solaire au travail (« Sun Safety At Work Canada »)

Pour aborder le problème d’exposition au soleil, CAREX Canada a forgé un partenariat relativement au projet « Sun Safety at Work Canada » (SSAWC), un programme conçu pour les travailleurs en plein air et dans le cadre duquel on a élaboré des processus et des ressources visant à rehausser la sécurité au soleil dans les milieux de travail. Les estimations de CAREX sur l’exposition ont été utilisées pour déterminer les lieux de travail prioritaires pour le projet SSAWC. Ce dernier était dirigé par Thomas Tenkate, professeur adjoint à l’École de santé au travail et de santé publique de  l’Université Ryerson à Toronto et faisait intervenir une série de partenaires de partout au pays. Le financement a été fourni par le Partenariat canadien contre le cancer par l’entremise de son programme Connaissances et action liées pour une meilleure prévention (COALITION).

Dans la première phase du projet SSAWC, l’équipe a retenu 17 lieux de travail en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et en Ontario pour servir de sites pilotes pour des interventions en sécurité solaire. La seconde phase du projet consistait à mobiliser les intervenants et à élaborer une série de ressources – affiches, feuilles de renseignements, guides, etc. – conçues pour aider les milieux de travail à rehausser la sécurité scolaire. L’équipe de projet a aussi créé le site Web – sunsafetyatwork.ca – pour accueillir ces ressources et aider les employeurs à réduire l’exposition aux rayons ultraviolets solaires pour leurs employés. Le site Web du projet SSAWC offre également une série de vidéos (voir ci-dessous) créées en collaboration avec WorkSafeBC qui illustrent les dangers de l’exposition au soleil et du stress thermique et décrivent ce que les travailleurs et les employeurs peuvent faire pour les prévenir.

Groupe de travail du projet « Sun Safety at Work Canada »

Depuis que le projet SSAWC a pris fin en 2016, CAREX Canada a poursuivi sur sa lancée en établissant un groupe de travail composé de membres de partout au Canada. Le groupe de travail SSAWC réunit des chercheurs, des décideurs et des praticiens (dont des spécialistes du domaine médical et de la santé et de la sécurité) et fournit une plateforme pour une collaboration et un réseautage à l’échelle nationale. Essentiellement, le groupe de travail préconisera l’adoption de politiques et de règlements plus robustes en matière de sécurité solaire au Canada et déploiera des efforts pour améliorer la protection solaire pour les personnes qui travaillent à l’extérieur. Pour y parvenir, CAREX s’emploiera à faciliter l’échange de connaissances, d’expertise et d’outils, et à fournir des données probantes qui aideront à mieux comprendre l’exposition au soleil dans les lieux de travail.

Le groupe de travail se réunit au moins trois fois par année, et les membres discutent d’approches visant à influencer et à informer les politiques en vue de protéger les travailleurs en plein air et de réduire l’exposition aux rayons ultraviolets solaires. De concert avec divers membres du groupe de travail, nous avons préparé une série de demandes de subventions pour appuyer et financer nos efforts continus.

Pour en savoir plus sur le groupe de travail ou pour proposer une collaboration potentielle, veuillez communiquer avec nous à info@carexcanada.ca.

Membres du groupe de travail
  • Nicole Braun, praticienne en promotion de la santé de la population, Saskatchewan Cancer Agency (SCA)
  • Tracy Burgess, conseillère en sécurité solaire, Sun Safe Nova Scotia (SSNS)
  • Chantal Courchesne, directrice générale, Association canadienne de dermatologie (ACD)
  • Jennifer Dyck, consultant en prévention, Services de soutien, Sain et sauf au travail (Manitoba)
  • Lindsay Forsman-Phillips, gestionnaire de projet, CAREX Canada
  • Dr Peter Green, président, Sun Safe Nova Scotia (SSNS)
  • Elizabeth Holmes, analyste en politiques de santé, Société canadienne du cancer (SCC)
  • Dre Linn Holness, directrice, Centre for Research Expertise in Occupational Disease (CREOD)
  • Dr Sunil Kalia, professeur adjoint, Université de la Colombie-Britannique
  • Brenda Marsh, conseillère principale en santé et sécurité au travail, inf. aut., Sun Safe Nova Scotia (SSNS) et Occupational Health Nurses Association Nova Scotia (OHNANS)
  • Colin Murray, gestionnaire principal, WorkSafe BC (WSBC)
  • Alison Palmer, directrice générale, CAREX Canada
  • Dre Cheryl Peters, cochercheure principale, CAREX Canada 
  • Judy Purcell, prévention du cancer, Sun Safe Nova Scotia (SSNS), Cancer Care Nova Scotia (CCNS)
  • Steve Quantz, santé populationnelle, publique et autochtone, Alberta Health Services (AHS)
  • Dr Peter Strahlendorf, professeur agrégé, Université Ryerson (École de santé au travail et de santé publique)
  • Thomas Tenkate, professeur agrégé et directeur, Université Ryerson (École de santé au travail et de santé publique)

Exposition au soleil chez les travailleurs en plein air en Alberta

L’exposition professionnelle aux rayonnements UV du soleil a de graves répercussions sur la santé et l’économie. Pourtant, il n’existe aucune mesure de l’exposition professionnelle permettant de quantifier le danger dans la plupart des provinces, y compris l’Alberta, où les niveaux d’exposition sont les plus élevés du pays. Pour combler cette lacune, CAREX Canada a entamé une étude avec le soutien financier de l’Alberta Labour (aujourd’hui le Ministry of Labour and Immigration) et le soutien de partenaires du groupe de travail pour savoir

  1. Quels sont les niveaux dexposition aux rayonnements solaires habituels sur une journée complète auxquels sont soumis les travailleurs en plein air en Alberta, et quels sont les facteurs personnels, professionnels ou environnementaux qui contribuent à des niveaux élevés?
  2. En Alberta, quelles sont les mesures de protection solaire adoptées par les travailleurs en plein air sur les lieux de travail et durant les activités de loisir?
  3. Quelles sont les meilleures méthodes à suivre pour créer un système de surveillance de l’exposition au soleil et du cancer de la peau pour les travailleurs en plein air en Alberta?

Les travailleurs recrutés sont en grande partie de sexe masculin (75 %) et de race blanche (75 %). Ils étaient jeunes (37ans en moyenne) et provenaient pour la plupart d’Edmonton (44 %) ou de Calgary (44 %). La plupart des participants étaient des gens de métier (46 %) et des travailleurs des secteurs de l’entretien et de l’aménagement paysager (29 %). Les autres domaines d’activités professionnelles étaient les loisirs, la sécurité et les services professionnels.

Les résultats de notre étude montrent que les travailleurs en plein air de l’Alberta seraient exposés à un risque élevé de rayons UV du soleil pendant l’été. Près de la moitié des travailleurs ont été exposés à des doses dépassant celles précisées dans la directive internationale sur les limites d’exposition en milieu de travail et certains à des doses 13 fois supérieures à celles précisées dans la directive internationale. Ceux qui travaillaient en plein air pendant un nombre d’heures plus élevé, durant des journées ensoleillées et partiellement ennuagées étaient plus susceptibles de recevoir des doses quotidiennes plus élevées.

On a aussi constaté que les travailleurs en plein air avaient plus tendance à prendre des mesures de protection sur les lieux de travail que pendant leurs activités de loisir. Les travailleurs avaient plus tendance à porter des vêtements de protection et un chapeau, et à utiliser de la crème solaire sur les lieux de travail, alors que, pendant les activités de loisirs, ils avaient plus tendance à chercher l’ombre. La protection solaire augmentait au fur et à mesure que le nombre d’heures passées en plein air pour le travail et les loisirs augmentait.

Dans le monde, il existe peu de territoires ayant adopté un système de surveillance pour soutenir les efforts de réduction de l’exposition et du risque de cancer de la peau autre que le mélanome chez cette population de travailleurs vulnérables. Au Canada, les principaux obstacles à la conception et à la mise en œuvre d’un programme de surveillance professionnelle sont l’omission de signalement et de participation, et le manque de soutien financier et de sensibilisation; les principaux facteurs contributifs sont entre autres la communication ou la collaboration, la simplicité de la méthode de signalement et un soutien financier durable.

Consultez les sous-rubriques suivantes pour obtenir des résultats plus détaillés et une description des méthodes utilisées.

NIVEAUX D’EXPOSITION AUX RAYONNEMENTS SOLAIRES

En analysant les niveaux d’exposition aux rayonnements UV du soleil sur une journée complète chez les travailleurs en plein air en Alberta et les facteurs personnels, professionnels ou environnementaux contribuant à la hausse des niveaux d’exposition, on a constaté ce qui suit :

  • Le niveau d’exposition quotidien était très variable, certains travailleurs étant exposés à des niveaux équivalant à 16,6 doses érythémateuses standard (DÉS), soit près de 13 fois la dose précisée dans la directive internationale sur l’exposition en milieu de travail, qui est de 1,3.
  • En moyenne, les travailleurs étaient exposés à 1,93 DÉS par jour.
  • La période pendant laquelle les travailleurs étaient exposés aux niveaux moyens les plus élevés s’étendait de 11 h à 12 h 59 (figure 1). Cependant, même en début de matinée et en fin de soirée, lorsque le rayonnement solaire ambiant est le plus faible, les niveaux d’exposition pourraient  dépasser ceux indiqués dans la directive internationale sur l’exposition professionnelle quotidienne.
  • Dans l’ensemble, 45 % des travailleurs ont été exposés à des niveaux dépassant celui de la directive internationale sur l’exposition professionnelle (figure 2). Ce taux varie selon la profession; chez les travailleurs du secteur des loisirs, on enregistre le pourcentage le plus élevé de travailleurs pour lesquels le niveau d’exposition dépasse celui indiqué dans la directive. Mais chez les travailleurs des secteurs de l’aménagement paysager, de l’entretien et des services, on enregistre le pourcentage le plus élevé de travailleurs exposés à la plus forte dose (plus de 4 fois la dose indiquée dans la ligne directrice).
  • Les travailleurs couraient plus de risques d’être exposés à des doses quotidiennes élevées en travaillant plus d’heures ou en travaillant durant des journées ensoleillées ou partiellement ennuagées.
  • Les travailleurs des secteurs de la sécurité et des services professionnels étaient exposés à des doses plus faibles que les ouvriers qualifiés.

Figure 1. Dose moyenne et maximale de rayons UV du soleil en fonction de l’heure

 

Figure 2. Mesures du rayonnement UV du soleil chez les travailleurs en plein air et ligne directrice recommandée relative à la limite d’exposition en milieu de travail (DÉS : 1,3)

Ces résultats sont comparables à ceux d’une étude menée chez les travailleurs de la construction en plein air à Vancouver,[5] mais inférieurs à ceux d’une étude sur les travailleurs en plein air exerçant diverses professions en Colombie-Britannique, en Ontario et en Nouvelle-Écosse.[6] Les écarts peuvent être attribuables à des différences entre les travailleurs participant à chaque étude (p. ex. profession, âge, degré de scolarité). L’échantillonnage a eu lieu pendant l’été 2019, qui a été exceptionnellement pluvieux en Alberta. On devrait effectuer un autre échantillonnage supplémentaire pour savoir si les niveaux sont plus élevés au cours d’étés plus représentatifs.

Dans l’ensemble, on a observé que l’exposition aux rayonnements UV du soleil chez des travailleurs en plein en Alberta était élevée et dépassait souvent la dose établie dans la directive internationale sur l’exposition professionnelle. Les résultats de l’étude pourraient contribuer à éclairer les études de surveillance à venir et les projets de réduction de l’exposition visant à protéger les travailleurs.  Ils pourraient aussi servir de point de référence pour tester l’efficacité des mesures de réduction de l’exposition.

HABITUDES DE PROTECTION SOLAIRE

En étudiant les habitudes de protection contre le soleil de travailleurs albertains en plein air, sur les lieux de travail et durant leurs activités de loisir, on a constaté ce qui suit :

  • Parmi les habitudes de protection solaire les plus répandues au travail, citons le port d’une chemise à manches longues (81 % souvent ou toujours), le port d’un chapeau (73 %) et le port de lunettes de soleil (59 %) (tableau 3).
  • Peu de travailleurs appliquaient une crème solaire (36 % souvent ou toujours) ou cherchaient l’ombre (12 %) sur les lieux de travail.
  • 12 % des travailleurs en plein air s’exposaient au soleil pour bronzer pendant leurs activités de loisir.
  • Dans l’ensemble, les participants se protégeaient plus sur les lieux de travail que durant leurs activités de loisir (figure 3). En particulier, ils avaient
      • plus tendance à porter des vêtements de protection, un  chapeau et à utiliser une crème solaire.
      • autant tendance à porter des lunettes de soleil sur les lieux de travail que durant les activités de loisir.
      • moins tendance à chercher l’ombre.
  • La protection solaire augmentait avec le nombre d’heures passées à l’extérieur pour le travail et les activités de loisir.
  • Les participants qui travaillaient dans les secteurs des loisirs, de l’aménagement paysager ou des services professionnels, ayant la peau claire à très claire et les yeux marron ou noirs, et qui étaient des hommes, ont obtenu des scores plus élevés en matière de protection solaire pendant leurs loisirs.

Figure 3. Pourcentage de participants utilisant toujours ou souvent une mesure de protection contre le soleil, pendant leurs activités de loisir et sur les lieux de travail

Ces résultats sont comparables à ceux de l’étude menée auprès de travailleurs du secteur de la construction à Vancouver,[5] mais la fréquence des mesures de protection solaire particulières est plus élevée par rapport à celle enregistrée au cours d’un sondage mené à l’échelle nationale sur la protection contre le soleil réalisé au Canada en 2006 qui révèle que, tout au plus, 58 % des travailleurs en plein air utilisaient une mesure de protection solaire.[7] Il est intéressant de noter qu’en matière de protection solaire globale, le score obtenu par les travailleurs était plus élevé que celui des travailleuses du secteur des loisirs, contrairement à la règle générale selon laquelle les femmes ont plus tendance à se protéger du soleil.[8] En analysant les mesures de protection solaire individuelles en fonction de sexe, on a observé que la fréquence d’utilisation de crèmes solaires étaient plus élevée chez les femmes. Mais d’une façon globale, l’utilisation de certaines mesures de protection solaire reste faible. C’est le cas notamment de la recherche d’ombre et de l’utilisation des crèmes solaires. Pourtant, pour assurer une bonne protection contre le soleil, il faut adopter plusieurs mesures. Les employeurs devraient continuer à favoriser la protection contre le soleil chez les travailleurs en plein air (mise en œuvre de programmes d’information, adoption de lignes directrices relatives à la protection contre le soleil, installation de distributeurs de crème solaire et de structures d’ombrage) et devraient diffuser des messages montrant l’importance de la protection contre le soleil durant les activités de loisir.

SYSTÈMES DE SURVEILLANCE DE L’EXPOSITION AU SOLEIL ET DU CANCER DE LA PEAU – MÉTHODES EXEMPLAIRES

En étudiant les systèmes de surveillance de l’exposition au soleil et du cancer de la peau visant les travailleurs en plein air, on a constaté ceci :

  • Aucun pays n’a conçu ou adopté de système de surveillance professionnelle visant exclusivement les travailleurs en plein air.
  • Il existe de nombreuses stratégies de surveillance; 5 d’entre elles (registre des expositions, registre des maladies, dépistage de la maladie ou surveillance médicale, surveillance d’événements graves et surveillance des maladies par couplage des données) ont fait l’objet d’études approfondies.
  • Parmi les principaux obstacles à la conception et à la mise en œuvre d’un programme de surveillance professionnelle, citons l’omission de soulignement ou de participation, un manque de financement et un manque d’information.
  • Parmi les facteurs favorisant la prise de mesures de protection contre le soleil, citons la communication ou la collaboration, la simplicité de la méthode de signalement et le financement à long terme.
  • Voici 10 points dont il faut tenir compte en concevant un programme de surveillance en milieu de travail :
    1. Fixer un objectif clair
    2. Viser une population précise
    3. Faire participer des intervenants
    4. Faire une distinction entre surveillance de l’exposition et surveillance des maladies
    5. Évaluer les ressources offertes
    6. Évaluer les sources de données et la façon de les saisir et de les analyser
    7. S’assurer qu’il y aura une phase pilote
    8. Évaluer le programme
    9. Diffuser les résultats
    10. Élaborer des mesures d’intervention, des programmes de prévention, des lignes directrices, et continuer à informer
  • Voici 5 recommandations en vue de l’élaboration d’un système de surveillance en milieu de travail visant le cancer de la peau autre que le mélanome :
    1. Reconnaître le cancer de la peau autre que mélanome causé par les rayonnements UV du soleil comme une maladie professionnelle
    2. Créer un mécanisme de signalement ou de collecte de données pour le cancer de la peau autre le mélanome
    3. Poursuivre, multiplier et améliorer les mesures de prévention primaire
    4. Informer les travailleurs et les employeurs des risques associés aux rayonnements UV du soleil
    5. Inventer une composante de dépistage médical

Consulter les tableaux 1 et 2 présentés à la rubrique Supplemental Information (en anglais seulement) pour obtenir des précisions sur la revue de la littérature, et les tableaux 3 et 4 pour obtenir d’autres précisions sur les entrevues par les intervenants principaux.

De façon globale, notre étude montre qu’il existe dans le monde quelques territoires dotés d’un système de surveillance servant à soutenir les efforts de réduction de l’exposition et des risques de cancer de la peau autre que le mélanome chez cette population de travailleurs vulnérables. Le Canada élabore depuis des années des programmes visant aider les employeurs à réduire l’exposition de leur personnel aux rayonnements UV du soleil. Le problème, c’est que l’évaluation de ces programmes est limitée jusqu’ici. Voilà qui va tout à fait dans le sens des conclusions de notre étude. Un financement durable, des infrastructures de données, des messages clairs et la collaboration sont des éléments essentiels pour prévenir le cancer de la peau professionnel et commencer une surveillance plus large en milieu du travail.

MÉTHODOLOGIE

Afin de déterminer les niveaux d’exposition aux rayonnements UV du soleil, on a recruté du milieu de travail principalement en Alberta et une grande population de travailleurs en plein air pour participer à un échantillonnage des expositions à ces rayonnements.[9] Bien que nous ayons concentré nos efforts de recrutement en Alberta, nous avons recruté un petit nombre de participants en Colombie-Britannique et en Saskatchewan après les avoir informés de notre étude par du bouche à oreille. On a invité des travailleurs ayant passé plus de deux heures par jour en plein air à participer à notre étude. On leur a demandé de porter un dosimètre électronique pour rayonnements UV pendant environ cinq jours ouvrables pour déterminer les variations d’exposition au soleil pendant la semaine. On a comparé les mesures à la dose recommandée dans la directive internationale sur l’exposition (1,3 : dose érythémateuse standard) et l’on a évalué les différences d’exposition aux rayonnements UV du soleil entre les groupes.

Pour recueillir des renseignements sur les moyens de protection utilisés par les travailleurs, on a demandé aux travailleurs en plein air ayant participé à l’étude sur les mesures de répondre à un questionnaire servant à recueillir des données démographiques, ainsi que des données sur les facteurs de risque de cancer de la peau, sur leur emploi et sur les mesures de protection contre le soleil en milieu de travail et durant les activités de loisir. Les mesures de protection d’intérêt étaient l’utilisation d’écrans solaires, le port de chemises à manches longues, de lunettes de soleil et d’un chapeau, et la recherche d’ombre. On a comparé la fréquence des diverses mesures de protection contre le soleil durant les activités de loisir et au travail. On a aussi calculé un score représentant le degré de protection solaire global.

Enfin, pour trouver les composantes essentielles d’un bon programme de surveillance de l’exposition professionnelle visant les travailleurs en plein air, on a revu la littérature pour savoir si des travailleurs en plein air avaient déjà été l’objet d’une surveillance. On a interrogé des informateurs clés entre août 2019 et janvier 2020 pour mieux connaître les meilleures façons d’élaborer et de mettre en œuvre un éventuel système de surveillance à l’intention des travailleurs en plein air. Les informateurs avaient déjà élaboré ou mis en œuvre un système de surveillance en milieu de travail, ou avaient de l’expérience en matière de prévention du cancer de la peau ou de programmes d’information sur la protection contre le soleil. On a retenu les services de spécialistes canadiens et étrangers, de même que les services d’un groupe d’intervenants divers.

RESSOURCES SERVANT À RÉALISER LE PROJET

Références et autres ressources

Sources

2. Radespiel-Tröger, M., Meyer, M., Pfahlberg, A. et al. Outdoor work and skin cancer incidence: a registry-based study in Bavaria. Int Arch Occup Environ Health (2009) 82: 357.
3. Occupational Cancer Research Centre and CAREX Canada. Burden of Occupational Cancer Study: Solar Radiation fact sheet. (2017)
4. Mofidi A, Tompa E, Spencer J, Kalcevich C, Peters CE, Kim J, Song C, Mortazavi S, Demers PA. “The economic burden of occupational non-melanoma skin cancer due to solar radiation.” J Occup Environ Hyg 2018;15:481–491.
5. Peters CE, Demers PA, Kalia S, Nicol AM, Koehoorn MW. “Levels of Occupational Exposure to Solar Ultraviolet Radiation in Vancouver, Canada.” Ann Occup Hyg 2016;60(7):825-835.
6. Peters CE, Pasko E, Strahlendorf P, Holness DL, Tenkate T. “Solar ultraviolet radiation exposure among outdoor workers in three Canadian provinces.” Ann Work Expo Health 2019;63(6):679-88.
7. Marrett LD, Pichora EC, Costa ML. “Work-time sun behaviours among Canadian outdoor workers: results from the 2006 National Sun Survey.” Can J Public Health 2010;101(4):I19-I22.
8. Nahar VK, Ford MA, Hallam JS, Bass MA, Vice MA. “Sociodemographic and Psychological Correlates of Sun Protection Behaviors among Outdoor Workers: A Review.” J Skin Cancer 2013;2013:453174.
9. Rydz E, Harper A, Leong B, Arrandale VH, Kalia S, Forsman-Phillips L, Holness DL, Tenkate T, ^^s13::Peters CE. “Solar ultraviolet radiation exposure among outdoor workers in Alberta, Canada.” Environ Res 2020:109902.

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