Foire aux questions

Qu’est-ce que CAREX Canada?

CAREX Canada est une équipe multi-institutionnelle de chercheurs et spécialistes universitaires qui allie l’expertise de ses membres à des ressources publiques en vue d’établir un programme de surveillance pragmatique et factuel des cancérogènes au Canada. CAREX Canada a pour mission d’évaluer le nombre de Canadiens exposés à des cancérogènes dans leurs milieux de travail et leurs collectivités. CAREX signifie CARcinogen EXposure.

En quoi consiste la surveillance des cancérogènes?

Elle consiste en la collecte continue de renseignements au sujet de l’exposition de certains groupes de personnes à des agents cancérogènes connus ou présumés. Les données recueillies peuvent viser des lieux associés à des groupes particuliers ou des voies d’exposition (p. ex. : l’air à l’intérieur des habitations ou des lieux de travail, l’eau potable, les boissons et les aliments), ou encore les effets sur des sexes ou des régions géographiques particulièrs.

Pourquoi avons-nous besoin d’un programme national de surveillance des cancérogènes?

Selon les Statistiques canadiennes sur le cancer de 2017, près de 46 % des femmes et 49 % des hommes au Canada développeront un cancer au cours de leur vie. On s’attend à ce qu’environ un Canadien sur quatre décède des suites d’un cancer, ce qui en fait la principale cause de décès au Canada.

L’Organisation mondiale de la Santé estime qu’au moins 19 % de tous les cancers résultent d’expositions professionnelles ou environnementales à des agents cancérogènes et entraînent le décès de 1,3 million de personnes dans le monde tous les ans. Le Centre de collaboration nationale en santé environnementale rapporte que des estimations préliminaires indiquent que le coût annuel des soins de santé découlant de cancers liés aux milieux de travail ou à l’environnement atteint de 3,6 à 9,1 milliards de dollars au Canada. (Boyd et coll. Environmental Research, vol. 106, no 2, (février 2008), p. 240-249).

Une des façons de prévenir les cancers liés aux expositions professionnelles et environnementales, et d’en diminuer par conséquent les coûts sociaux et économiques, consiste à réduire ou à éliminer les possibilités d’exposition. En plus de répertorier les cancérogènes auxquels est exposée la population canadienne et de circonscrire les endroits où ils sont présents, CAREX Canada s’emploie à déterminer les personnes exposées, les voies d’exposition et, lorsque cela est possible, les quantités en présence. Ces renseignements aident à établir divers scénarios d’exposition ainsi qu’à déterminer les priorités en vue de diminuer les possibilités d’exposition.

D’autres pays ont-ils adopté cette démarche?

Oui. CAREX Canada s’appuie sur un modèle créé par le Finnish Institute of Occupational Health pour le programme «L’Europe contre le cancer» de l’Union européenne. Le projet européen CAREX a formulé des estimations du fardeau que représentent les cancers professionnels selon les pays, les cancérogènes et les industries.

Quels sont les antécédents de CAREX?

Avant la fin des années 1990, le Canada ne disposait pas d’un répertoire central de données sur les cancérogènes. Les agents cancérogènes auxquels la population était exposée, le nombre de personnes exposées ou les endroits qui posaient des risques d’exposition étaient inconnus. Pour combler cette lacune, un groupe de chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique financé par WorkSafeBC a mené un projet pilote visant à adapter le modèle finlandais original en vue de produire des estimations d’exposition aux cancérogènes dans les lieux de travail en Colombie-Britannique.

Reconnaissant qu’il était impératif de cerner les substances cancérogènes présentes dans l’environnement au Canada et d’établir quels étaient les groupes qui y étaient exposés, la Stratégie canadienne de lutte contre le cancer a recommandé que soit instauré un programme de surveillance de l’exposition aux cancérogènes présents dans l’environnement et dans les lieux de travail. Cette recommandation a donné lieu à la création en 2007 de CAREX Canada, un programme national de surveillance des cancérogènes financé par le Partenariat canadien contre le cancer (PCCC). CAREX Canada a été accueilli à l’Université Simon Fraser depuis 2013.

De quelle façon CAREX Canada contribue-t-il à la prévention du cancer au Canada?

L’établissement de politiques et de priorités à l’égard des cancérogènes en milieu de travail et dans l’environnement est souvent limité par le manque de données d’exposition et la caractérisation insuffisante des risques y afférents. CAREX Canada contribue à combler cette lacune en produisant des estimations de haute qualité du nombre de Canadiens exposés à des substances associées aux cancers en milieu de travail et dans les collectivités. Ces estimations aident à établir les scénarios prioritaires en vue de diminuer les possibilités d’exposition.

Comment CAREX Canada mène-t-il ses activités?

CAREX Canada est dirigé par une équipe multidisciplinaire de chercheurs de la faculté des sciences de la santé de l’Université Simon Fraser, travaillant en collaboration avec des chercheurs du département des sciences de la santé de l’Université Carleton, le Occupational Cancer Research Centre, basé à Action Cancer Ontario, et de l’École de la santé de la population et de la santé publiquede l’Université de la Colombie-Britannique. Les domaines d’expertise des membres de l’équipe sont l’épidémiologie, l’hygiène du travail, l’évaluation des risques, la toxicologie, les systèmes d’information géographique ainsi que la visualisation de données et l’application et l’échange de connaissances.

Afin d’accomplir ses travaux, CAREX Canada a forgé des liens stratégiques avec un certain nombre de parties prenantes. Ceux-ci incluent des groupes de travail avec des organisations telles que WorkSafeBC et l’Association canadienne du droit de l’environnement (ACDE), où nous collaborons pour améliorer l’application et l’utilisation des ressources CAREX. Ces relations et d’autres sont mises en évidence dans nos rapports annuels de 2012-17.

CAREX Canada sollicite activement l’avis des experts. L’ensemble du projet de recherche a ainsi été examiné par un groupe consultatif national composé de représentants d’établissements universitaires et d’organismes de recherche, de représentants d’organismes de santé publique, de promotion de la santé et de lutte contre le cancer, ainsi que de représentants d’organismes de santé et sécurité au travail, d’organisations syndicales et de l’industrie. De plus, suivant les besoins, d’autres groupes consultatifs ont été créés pour examiner des composantes spécifiques du programme. Un comité consultatif sur la traduction des connaissances appuie les efforts de CAREX Canada visant à assurer la pertinence et l’adoption de ce programme national de surveillance des expositions cancérogènes. L’équipe élabore actuellement un nouveau comité consultatif pour appuyer le développement des estimations de l’exposition aux pesticides dans les milieux de travail et les communautés.

De quelle façon CAREX Canada classe-t-il les cancérogènes?

CAREX Canada se fonde sur des évaluations réalisées par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) pour classer les cancérogènes. Selon le CIRC, les agents du Groupe 1 sont considérés comme étant «cancérogènes pour l’être humain» en raison de «preuves suffisantes de leur cancérogénicité pour l’être humain». Les agents du Groupe 1 sont l’amiante, le benzène, les échappements des moteurs Diesel, et la poussière de bois. Les agents du Groupe 2 A sont quant à eux considérés comme étant «probablement cancérogènes pour l’être humain» en raison de «preuves limitées de leur cancérogénicité pour l’être humain et de preuves suffisantes de leur cancérogénicité chez les animaux de laboratoire». Les carcinogènes ou situations d’exposition que sont le travail par quarts, et les créosotes font partie des agents du Groupe 2A. Enfin, les agents du Groupe 2B sont des agents «peut-être cancérogènes pour l’être humain», et pour lesquels on dispose de «preuves limitées de leur cancérogénicité pour l’être humain et de preuves insuffisantes de leur cancérogénicité chez les animaux de laboratoire». Une grande variété d’expositions tombent dans cette catégorie, y compris diisocyanates de toluène, plomb métallique, les phtalates, et plusieurs pesticides.

Comment CAREX Canada a-t-il déterminé l’ordre de priorité des cancérogènes à cibler?

Les cancérogènes ont d’abord fait l’objet d’un classement général selon les possibilités d’exposition en milieu de travail ou dans l’environnement. Ceux qui ont été jugés peu susceptibles de présenter un risque d’exposition au Canada ont été exclus des études plus approfondies. Les substances restantes ont quant à elles fait l’objet d’un examen critique visant à recueillir des renseignements clés: caractéristiques et toxicité globale, circonstances pouvant mener à une exposition et preuves d’exposition au Canada. Par «circonstances pouvant mener à une exposition» dans un contexte professionnel, on entend les lieux de travail ou les tâches à accomplir pouvant poser un risque d’exposition, tandis que dans un contexte environnemental, on entend l’exposition humaine à des cancérogènes présents dans l’air, l’eau, le sol, la poussière, les aliments ou les produits de consommation. Des tableaux de données essentielles ont ensuite été produits.

Nous avons examiné chaque substance selon trois critères: cancérogénicité et autres propriétés toxiques, prévalence de l’exposition au Canada et faisabilité d’évaluer l’exposition. Selon ces trois critères, nous avons ensuite classé les substances dans l’un de quatre groupes : priorité absolue et immédiate, peut-être prioritaire, priorité modérée – nécessité d’un examen plus poussé, priorité faible – aucune preuve d’utilisation au Canada.

CAREX Canada a produit deux rapports, dont l’un qui porte sur les substances cancérogènes présentes dans l’environnement et l’autre sur les substances cancérogènes en milieu de travail. Outre les résultats de nos examens, les deux documents expliquent en détail les méthodes auxquelles nous avons eu recours pour le classement par ordre de priorité des substances étudiées. Ces priorités ont été revues en 2015 et une publication résumant les résultats est actuellement soumise à une évaluation par les pairs.

Quel type d’estimations CAREX Canada a-t-il produites?

CAREX Canada a produit des estimations sur les expositions professionnelles et les expositions dans l’environnement.

Les estimations d’exposition professionnelle ont été établies en fonction du nombre de travailleurs exposés à 45 agents cancérogènes selon l’industrie, le travail exécuté, la province et le sexe. Nous avons aussi évalué les degrés d’exposition prévus dans les lieux de travail au Canada lorsque des données à ce sujet étaient disponibles.

Les estimations d’exposition dans l’environnement fournissent des renseignements détaillés sur l’importance de cinq voies d’exposition (air atmosphérique, air intérieur et la poussière, eau potable, et les boissons et les aliments) par rapport aux 38 cancérogènes connus ou présumés les plus communs. Pour ce qui est de l’air atmosphérique, nous avons conçu des modèles détaillés qui permettent d’établir la cartographie des provinces.

Pourquoi les estimations sur les expositions sont-elles cruciales?

Les estimations sont d’une grande importance, car elles permettent d’élaborer des stratégies de prévention du cancer et d’autres maladies liées à l’exposition à des substances cancérogènes, de cibler les groupes à haut risque, d’évaluer le fardeau que représentent les cancers professionnels ou liés à l’environnement au Canada et, enfin, de mener de nouvelles études épidémiologiques qui favoriseront une meilleure compréhension de ces cancers.

Outre des estimations, quels sont les autres outils et ressources conçus par CAREX Canada?

CAREX Canada a conçu des fiches sur les cancérogènes, une base de données sur l’exposition professionnelle aux agents cancérogènes au CanadaeRISK, et eWORK.

Les fiches sur les cancérogènes sont des résumés techniques concis et pratiques qui font état, dans un contexte canadien, de 77 agents désignés des cancérogènes connus et présumés pour les humains par le Centre International de Recherche sur le Cancer. Outre de l’information générale au sujet de chacun des agents et de leurs effets cancéreux ou non cancéreux sur la santé, les fichent renferment ce qui suit: limites d’exposition réglementaires, niveaux admissibles au Canada, données quantitatives sur l’émission des agents dans l’environnement, voies et scénarios d’exposition dans les lieux de travail et l’environnement.

La base de données sur l’exposition professionnelle aux agents cancérogènes au Canada est une banque nationale qui rassemble des données sur l’exposition professionnelle recueillies auprès de sept organismes de réglementation provinciaux et fédéraux.

eRISK est un ensemble d’outils développés par notre équipe d’expositions environnementales qui vous permet de: explorer les données utilisées pour produire les indicateurs de risque potentiel de cancer calculé sur la durée de vie, et utiliser vos propres données pour évaluer si les indicateurs diffèrent des niveaux qui existent à l’échelle nationale. Deux versions de eRISK sont disponibles: eRISK en ligne est une version interactive, basée sur le Web, avec une fonction de comparaison intégrée. eRISK Access est la version précédente de cet outil, disponible sur demande. Veuillez noter que vous aurez besoin d’avoir installé MS Access 2007 ou 2010 sur votre ordinateur pour pouvoir utiliser eRISK.

eWORK est un ensemble d’outils développés par notre équipe d’expositions professionnelles qui permettent aux utilisateurs d’effectuer des requêtes personnalisées de la base de résultats CAREX. Actuellement, deux versions de eWORK sont disponibles: eWORK Excel et eWORK en ligne. Le eWORK Excel est un outil basé sur Microsoft Excel capable de gérer des filtres et des requêtes complexes. Le eWORK en ligne est destiné aux utilisateurs qui préfèrent les statistiques accessibles, de haute qualité et rapides sur les expositions professionnelles à divers carcinogènes.

Quelles sont les sources de financement de CAREX?

CAREX Canada compte principalement sur l’aide financière du Partenariat canadien contre le cancer (PCCC), un organisme indépendant financé par Santé Canada en vue d’accélérer la lutte contre le cancer. CAREX Canada sollicite aussi des bourses universitaires de concert avec d’autres partenaires afin de mener plus avant les travaux rendus possibles grâce à l’aide du PCCC.

Abonnez-vous à nos bulletins

L’équipe CAREX Canada offre deux bulletins réguliers: le Bulletin électronique semestriel résumant les informations sur nos prochains webinaires, les nouvelles publications et mises à jour des estimations et des outils; et le Bulletin des actualités cancérogènes, un condensé mensuel des articles de presse, des rapports gouvernementaux, et de la littérature académique relative aux substances cancérigènes que nous avons classé comme important pour la surveillance au Canada. Inscrivez-vous à un de ces bulletins, ou les deux, ci-dessous.

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