Amiante

Amiante

POUSSIÈRES DE FIBRES  AGENT CANCÉROGÈNE (IARC 1)

CAS No. 1332-21-4
IARC Monograph Vol. 14, Suppl. 7, 1987 (Group 1)
IARC Monograph Vol. 100C, 2012 (Group 1)

Amiante

Renseignements généraux

L’amiante est le terme consacré désignant un groupe de minéraux silicatés fibreux d’origine naturelle.[1] L’amiante chrysotile (le chrysotile), que l’on trouve dans des faisceaux de fibres pouvant atteindre plus de 10 cm de longueur, est la forme la plus abondante et la seule variété d’amiante de serpentine. Les cinq variétés d’amphiboles comprennent l’amosite (amiante brun), la crocidolite «l’amiante bleu», l’actinolite, la trémolite et l’anthophyllite. L’amiante a été utile dans de nombreuses applications commerciales parce qu’il est résistant à la chaleur et à la traction, qu’il est isolant et adhérent, et qu’on peut le tisser.[1]

L’amiante peut être relâché dans l’environnement de manière naturelle et en raison d’activité humaine.[2] Les fibres d’amiante varient en longueur, diamètre et composition chimique. Ces variations influencent sa capacité à entrer dans les poumons, à s’y déposer, ainsi que la capacité du corps à éliminer cette substance. Les fibres minces «≥8 μm de long avec un diamètre de ≤1.5 μm» sont les plus à même de pénétrer dans les poumons et d’être cancérogènes.[1]

L’amiante a été classifié par le CIRC comme étant un agent cancérogène pour l’homme , du groupe 1 qui a des liens bien établis avec les mésothéliomes situés dans les cavités pleurale et péritonéale, ainsi qu’avec le cancer du poumon. Une nouvelle étude du CIRC sur les agents cancérogènes du groupe 1 a confirmé cette classification, ayant également trouvé chez l’homme une «preuve suffisante» de cancer des ovaires et une «preuve limitée» de cancer colorectal et du pharynx et de l’estomac.[3] L’usage du tabac produit un fort effet synergétique sur le cancer du poumon.[1] Une augmentation de cancers du larynx et d’autres cancers a également été constatée, bien que la force de cette association varie.[4]

L’amiantose, une maladie grave caractérisée par des tissus cicatriciels dans les poumons et dans la membrane pleurale, est causée par l’exposition à de fortes concentrations d’amiante. Les symptômes comprennent la difficulté de respirer, la toux, et dans des cas graves, l’hypertrophie du cœur, l’invalidité et la mort.[2]

Règlements et directives

En 2018, le Règlement interdisant l’amiante et les produits contenant de l’amiante est entré en vigueur.[5] Ce règlement interdit l’importation, la vente et l’utilisation de l’amiante, ainsi que la fabrication, l’importation, la vente et l’utilisation de produits contenant de l’amiante. Il ne s’applique pas aux résidus miniers, sauf pour les activités comportant un risque élevé. Un certain nombre d’exemptions ont été accordées, y compris, mais sans s’y limiter, l’importation, la vente ou l’utilisation de produits contenant de l’amiante pour l’entretien des équipements dans les installations nucléaires jusqu’en 2022 et l’importation et l’utilisation de l’amiante dans les usines de chloralcalis jusqu’en 2029.

Limite d’exposition en milieu de travail (LEMT) [6,7,8,9,10,11,12,13,14,15,16,17,18,19,20]

Juridictions Canadiennes Forme d’amiante LEMT (f/cc)
Code canadien du travail toutes 0.1 [f]
AB toutes 0.1
BC, ON toutes 0.1 [f]
MB, NL, NS, PE toutes 0.1 [f]
NB amosite, trémolite
chrysotile
crocidolite
0.5 [f]
2 [f]
0.2 [f]
QC actinolite, anthophyllite, chrysotile, trémolite
amosite, crocidolite
1 [f,em]; 5 [stel]
0.2 [f,em]; 1 [stel]
SK, NT, NU toutes Aucune limite indiquée, aucunes instructions
particulières pour les activités à haut risque
YT amosite
crocidolite
chrysotile, trémolite
0.2; 2 [stel]
0.1
0.5; 5 [stel]
Autres jurisdictions Forme d’amiante LEMT (f/cc)
ACGIH 2018 TLV toutes 0.1 [f]
f/cc = fibres par centimètre cube d’air
f = fibres de plus de 5 microns, avec un rapport d’aspect égal à / supérieur à 3:1
em = l’exposition doit être réduite au minimum
stel = limite d’exposition de courte durée (15 minutes au maximum)
ACGIH = American Conference of Governmental Industrial Hygienists
TLV = valeur limite de seuil

Recommandations canadiennes pour la qualité de l’environnement*

Juridiction Limite Année
Critères de qualité de l’air ambiant en Ontario 24 heures : 0,04 fibre/cm3, pour les fibres d’amiante de plus de 5 µg de longueur  2016[21]
Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère du Québec Interdiction d’émettre dans l’atmosphère des fibres d’amiante en concentration supérieure à 2 fibres par cm3 de gaz sec aux conditions de référence, résultant d’une activité de forage, de concassage, de séchage, de stockage de la roche sèche, du traitement du minerai ou du traitement de l’amiante dans une mine ou une usine d’extraction d’amiante  2011[22]
Contaminated Sites Regulation de la Colombie-Britannique, BC Reg 375/96

Ce règlement établit les normes relatives aux sols pour la protection de la santé humaine : 1 % en poids (10 000 μg/g)

Eau potable : 7 m.f./L

 2019[23]
*Les normes ont force de loi et s’appliquent, tandis que les lignes directrices (y compris les critères de qualité de l’air ambiant de l’Ontario) décrivent les concentrations de contaminants dans l’environnement (par exemple l’air, l’eau) qui protègent contre les effets néfastes sur la santé, l’environnement ou l’esthétique (par exemple les odeurs)

Agences ou organismes canadiennes

Agence Désignation/Position Année
Santé Canada LIS – substance à faible priorité (risque déjà géré) 2006[24]
LCPE annexe 1, paragraphe ‘c’ (santé humaine) 1999[25]
ILO Interdiction de pulvérisation de toutes les formes d’amiante et d’utilisation de la crocidolite et de produits contenant de la crocidolite 1986[26]
EU Interdiction d’utiliser toutes les formes d’amiante 2003[27,28]
Inventaire national des rejets de polluants de Environnement Canada À déclarer à l’INRP s’il est fabriqué, transformé, ou autrement utilisé en quantités supérieures à 10 tonnes 2017[29]
 

L’amiante n’est cité dans aucune autre directive, norme ou liste de produits chimiques examinées par le gouvernement canadien.

Utilisations principales

Le chrysotile a toujours été la fibre d’amiante la plus utilisée dans le domaine commercial. L’amosite, la crocidolite et l’actinolite ont été utilisées dans des produits commerciaux, alors que la trémolite et l’anthopyllite ont généralement été trouvées en tant que contaminants.[1]

On a utilisé l’amiante principalement pour les toitures, l’isolation thermale et électrique, les tuyaux et plaques en ciment, les sols, les joints, les matériaux de friction, les enduits, les pastiques, les textiles, le papier et d’autres produits.[1]

L’utilisation de l’amiante atteignit son plus haut niveau à la fin des années 1960 et au début des années 1970, lorsqu’il y avait plus de 3 000 applications industrielles ou produits contenant de l’amiante.[1] Lorsque l’utilisation de l’amiante fut à son apogée en 1973, la consommation américaine totale était de 801 000 tonnes (t) et les marchés américains principaux comprenaient des conduites d’amiante-ciment (192 000 t); des couvre-sols (176 000 t); des toitures (72 000 t); des matériaux de friction, tels que les freins et les embrayages automobiles (64 000 t) et des garnitures et joints (24,000 t).[30]

La consommation américaine d’amiante en 2007 atteignait 1 730 tonnes et comprenait des produits de toiture (709 t); des enduits et mélanges servant probablement dans la toiture (606 t); et divers autres utilisations inconnues et non précisées (415 t).[31]

Production et commerce au Canada

Avant la fermeture de deux mines d’amiante canadiennes en 2011,[32] le Canada était un producteur et un exportateur d’amiante important. Environ 410 000 tonnes d’amiante furent produites au Canada entre 2008 et 2010, soit environ 6 % de la production mondiale totale pour la même période.[33] En 2014, le Canada importait encore des produits manufacturés comprenant les matériaux de friction, les conduites et tuyaux, les tôles et panneaux ondulés, le papier, le carton enroulé, les vêtements et autres matériaux contenant du chrysotile.[34]

Production et commerce

Activité Quantité Année
Importation 142 t « d’amiante » 2015[35,36]
Exportation 0 t « d’amiante » 2015[35,36]
t = tonne

Degrés d’exposition environnementale

L’exposition à l’amiante la plus importante dans l’environnement provient de l’inhalation de l’air contaminé. Les gens peuvent être exposés à des niveaux d’amiante contenu dans l’air plus élevés que la moyenne lorsqu’ils utilisent des produits contenant de l’amiante, ou lorsqu’ils vivent ou travaillent dans des bâtiments dont l’isolation à l’amiante se détériore ou encore des bâtiments où le désamiantage a été mal fait.[2] Les gens peuvent être exposés si des matériaux contenant de l’amiante sont perturbés lors de rénovations. Entre les années 1950 et les années 1990, l’amiante a servi à fabriquer plus de 3 000 matériaux de construction, comme le stuc, des revêtements de sol, des bardeaux de toiture et des matériaux isolants.[37,38]  Les proches des travailleurs de l’amiante peuvent également être exposés par les vêtements de travail contaminés.[39] CAREX Canada estime que les niveaux d’amiante de l’air intérieur et extérieur peuvent être la source d’un risque de cancer élevé (qualité très basse des données).

L’isolant de vermiculite produit des années 1920 aux années 1990 et utilisé pour l’isolation des maisons peut contenir de l’amiante d’amphibole et pourrait présenter un risque d’exposition lorsqu’il est dérangé.[40] Les produits de vermiculite vendus pour être utilisés dans les jardins peuvent également contenir de l’amiante. Une étude faite par Environmental Protection Agency «l’agence américaine de protection environnementale» dans la région de Seattle dans les années 2000 a trouvé que cinq produits sur 16 achetés étaient contaminés par l’amiante.[41]

Bien que l’air contaminé représente le degré d’exposition le plus important pour la population générale, l’ingestion de l’amiante dans l’eau potable peut également représenter un risque dans les régions où l’on trouve de l’amiante «soit naturellement ou en raison de l’activité humaine». Il existe beaucoup d’opinions contradictoires sur le rôle cancérogène «s’il en existe un» de l’exposition à l’amiante par le biais de l’eau potable. En général, il n’existe aucune preuve consistante soutenant cette hypothèse.[42] Actuellement, nous estimons que l’exposition à l’amiante par le biais de l’eau potable, les aliments ou les boissons, est négligeable.

Du point de vue de la géologie, l’amiante est de la famille du talc et le talc provenant de certains gisements peut être contaminé par l’amiante, surtout l’anthophyllite et la trémolite.[1] On utilise souvent le talc dans les produits cosmétiques mais on n’a détecté aucune trace d’amiante dans celui qui est utilisé actufellement à cet effet aux États-Unis.[43] En vertu du Règlement interdisant l’amiante et les produits contenant de l’amiante, l’utilisation d’amiante en quantité supérieure aux quantités traces trouvées dans les produits de consommation, y compris les produits de beauté, est interdite.[44]

Pour plus d’information, voir l’onglet expositions environnementales (en anglais uniquement).

Une étude des bases de données des produits de consommation et de l’environnement a donné les résultats suivants sur l’exposition à l’amiante éventuelle au Canada :

Base de données de l’INRP et des produits ménagers américains

INRP 2017[45]
Nom de la substance : ‘amiante (friable)’
Catégorie Quantité Industrie
Lâché dans l’environnement Aucun Traitement et élimination des déchets,
remédiation et gestion des déchets,
fabrication de produits du pétrole et du charbon,
la fabrication de pesticides, d’engrais et d’autres produits chimiques agricoles,
extraction de pétrole et de gaz
(50 installations)
Éliminé 23,126 t
Envoyé au recyclage hors-site 28 t
Produits d’entretien américains 2018[46]
Critère de recherche Quantité Type de produit
‘amiante de chrysotile’ 5 Ciments étanches pour la toiture
‘amiante d’anthophyllite’ 4 Apprêt
t = tonne

Degrés d’exposition en milieu de travail

L’exposition à l’amiante la plus importante en milieu de travail provient de l’inhalation.[1] Cependant, actuellement les maladies liées à l’amiante sont associées à des expositions ayant eu lieu entre 10 et 40 ans auparavant en raison des périodes de latence entre l’exposition et le début de la maladie. À ce moment-là, les sources d’exposition provenaient de l’utilisation de l’amiante dans les produits manufacturés et les bâtiments ainsi que de l’extraction et du broyage de l’amiante. De nos jours, les sources d’expositions semblent provenir du contact avec de vieux produits contenant de l’amiante, et peuvent être classifiés en tant qu’exposition secondaire provenant du contact avec ces matériaux anciens.

CAREX Canada estime qu’environ 235 000 Canadiens sont exposés à l’amiante en milieu de travail. Les plus grands secteurs industriels exposés sont les entrepreneurs spécialisés, suivis par la construction de bâtiments, l’administration publique, les écoles et les hôpitaux. Par profession, les groupes les plus exposés sont les charpentiers, les aides et les ouvriers des métiers de la construction, les électriciens, les concierges, les gardiens et les concierges d’immeubles. L’exposition à l’amiante des travailleurs de la construction est difficile à surveiller étant donné la grande variété des chantiers et la nature transitoire de l’emploi de nombreux travailleurs de ce secteur. Malgré cela, l’INSPQ vient de publier un rapport sur les expositions à l’amiante dans le secteur de la construction.[47]

Selon une fiche de renseignements intitulée Burden of Occupational Cancer in Canada, l’exposition à l’amiante en milieu de travail a causé annuellement environ 1 900 cancers du poumon et 430 mésothéliomes, d’après les expositions recensées entre 1961 et 2001.[48,49] Cela représente 8 % de tous les cancers du poumon et 81 % de tous les mésothéliomes diagnostiqués chaque année (la presque totalité des autres cas de mésothéliome sont probablement liés à l’exposition à l’amiante dans l’environnement). La plupart des cancers liés à l’amiante sont recensés chez les travailleurs des secteurs de la fabrication et de la construction. En 2011, les nouveaux cas de cancer du poumon et de mésothéliome causés par l’exposition à l’amiante en milieu de travail représentaient environ 2,35 milliards de dollars.[50]

Pour plus d’information, voir l’onglet expositions professionnelles (en anglais uniquement).

Sources

1. National Toxicology Program (NTP). 14th Report on Carcinogens for Asbestos (2016) (PDF)
2. US Dept. of Health & Human Services. ATSDR Toxicological Profile for Asbestos (2001) (PDF)
3. Centre international de Recherche sure l Cancer. Sommaire de monographie CIRC, Volume 100C (2009) (PDF)
4. U.S. Institute of Medicine. Asbestos: selected cancers. U.S. National Academy of Sciences, Washington D.C. (2006)
7. Government of Alberta. Occupational Health and Safety Act 568 (2009) (PDF)
12. Government of Newfoundland and Labrador. Regulation 5,12 Occupational Health and Safety Regulations (2018)
13. Government of Prince Edward Island. Occupational Health and Safety Act Regulations Chapter 0-1 (2013) (PDF)
14. Gouvernement du Nunavut. Codification administrative de la Loi sur la sécurité (2010) (PDF)
17. Government of Saskatchewan. The Occupational Health and Safety Regulations, 304 (2016) (PDF)
18. Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. Règlement sur la santé et la sécurité au travail, 456 (2020) (PDF)
20. Occupational Safety and Health Administration (OSHA). Annotated PELs (2020)
21. Ministère de l’Environnement et de l’Action en matière de changement climatique de l’Ontario. Critères de qualité de l’air ambiant de l’Ontario (2019)
23. Gouvernement de la Colombie-Britannique. Contaminated Sites Regulation B.C. Reg. 375/96 (2019)
24. Gouvernement du Canada. Priorisation de la LIS de Santé Canada (2006)
25. Gouvernement du Canada. Liste de substances toxiques de la LCPE (2020)
30. US Geological Survey. 2000 Minerals Year Book, Asbestos (PDF)
31. US Geological Survey. 2007 Minerals Year Book, Asbestos (PDF)
34. Industrie Canada. 2015 Données sur le commerce en direct (Critère de recherche : amiante)
35. Trademap. Échiquier commercial (abonnement gratuit requis)
36. United Nations Environment Programme, International Labour Organisation, the World Health Organization. Critères d’hygiène de l’environnement 203 de l’OMS (1998)
37. WorkSafeBC. Asbestos
39. Donovan EP, Donovan BL, McKinley MA, Cowan DM, Paustenback DJ. “Evaluation of take home (para-occupational) exposure to asbestos and disease: a review of the literature.” Crit Rev Toxicol 2012;42(9):703-730.
45. Gouvernement du Canada. National Pollutant Release Inventory Facility Search (Substance name: ‘Asbestos (friable form)’)
48. Labrèche F, Kim J, Song C, Pahwa M, Calvin BG, Arrandale VH, McLeod CB, Peters CE, Lavoué J, Davies HW, Nicol AM. “The current burden of cancer attributable to occupational exposures in Canada.” Prev Med 2019;122:128‑39.
50. Tompa E, Kalcevich C, McLeod C, Lebeau M, Song C, McLeod K, Kim J, Demers PA. “The Economic Burden of Lung Cancer and Mesothelioma Due to Occupational and Para-Occupational Asbestos Exposure.” Occup Environ Med 2017;74(11):816‑822.

     

Autres ressources

  1. Institut national de santé publique du Québec. Épidémiologie des maladies reliées à l’exposition à l’amiante au Québec (2004) (PDF)
  2. Marrett LD, Ellison LF, Dryer D. Canadian cancer statistics at a glance: mesothelioma. CMAJ 2008;178(6):677-678.
  3. Services Canada. Asbestos Service Canada Centre
  4. Architectural Conservancy Ontario. Canada’s Mortgage and Housing Corporation: Asbestos
  5. Mining Watch Canada. Asbestos (PDF)
  6. ASTDR. ToxFAQ Sheet for Asbestos (PDF)

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Glyphosate

Glyphosate

Glyphosate

Glyphosate

Renseignements généraux

Le glyphosate est un herbicide organophosphaté non sélectif largement utilisé dans les secteurs agricole, forestier et industriel (comme les corridors ferroviaires ou les lignes de transmission) ainsi que dans les environnements aquatiques.[1] L’utilisation de cet herbicide s’est sérieusement répandue lorsque les cultures de soja, de maïs, de coton et de colza furent génétiquement modifiées pour justement résister au glyphosate.[2] C’est le pesticide le plus vendu et le plus épandu au Canada.[3]

Le glyphosate est un solide cristallin incolore et inodore aussi appelé glyphosate, chlorhydrate de glyphosate ou N-(phosphonométhyl)glycine.[2] Les formulations de glyphosate contiennent habituellement du glyphosate présent sous forme de sel d’isopropylamine, un agent de surface (pour aider à pénétrer dans la plante) ainsi que d’autres produits chimiques et agents de surface.[4] Sur la liste des principes actifs de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire du Canada (ARLA) figurent 368 produits en plus du glyphosate.[5] Parmi ceux-ci, 39 sont inscrits pour usage domestique. Des exemples de marques de commerce du glyphosate incluent : Round-Up®, Rodeo®, Xtreme®, ByeBye Weed®, TotalEx®, Wipe Out®.[5]

Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé le glyphosate comme cancérogène probable pour l’homme (groupe 2A) dans son évaluation du pouvoir cancérogène de cinq pesticides organophosphatés en 2015.[6] Selon un nombre d’études publiées depuis 2001, il y a peu de preuve du pouvoir cancérogène de ce produit sur les humains, notamment du lymphome non hodgkinien. Il existe une preuve suffisante que le glyphosate peut causer le cancer chez les animaux de laboratoire. Le CIRC a aussi évalué la preuve mécanistique, notamment la preuve de génotoxicité et de stress oxydatif.[6] Suite à cette nouvelle classification, Santé Canada a proposé des protocoles additionnels relatifs à l’étiquetage des produits contenant du glyphosate.[7] Monsanto, le principal producteur des herbicides contenant du glyphosate, s’est officiellement prononcé contre cette nouvelle classification.[8] Dans l’ensemble, le pouvoir cancérogène du glyphosate fait l’objet d’une évaluation et d’un débat continus. Des organismes réglementaires font, ou viennent de terminer, des évaluations de danger et de risque, dont l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) et la Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis.[9,10]

À court terme, les conséquences de l’ingestion des formulations de glyphosate sont généralement associées aux effets modérés de troubles gastro-intestinaux passagers.[4] L’ingestion de grandes quantités de formulations de glyphosate (>85 ml) peut corroder le système gastro-intestinal, causer des insuffisances cardiaques, rénales et hépatiques et peut aussi entraîner des troubles respiratoires, la perte de conscience et le choc.[4] L’exposition dermique ou oculaire aux formulations de glyphosate peut causer des irritations. L’inhalation peut causer de la gêne orale ou nasale, du fourmillement et une irritation de la gorge.[4]

Règlements et directives

Limite d’exposition en milieu de travail (LEMT)

Aucune limite d’exposition en milieu de travail n’a été trouvée pour le glyphosate ni au Canada ni dans une autre juridiction internationale [11,12,13,14,15,16,17,18,19,20,21,22,23,24,25]

Recommandations canadiennes pour la qualité de l’environnement*

Juridiction Limite Année
Directives canadiennes sur l’eau potable MAC = 0.28 mg/L 1987, 2014[26,27]
Recommandations pour l’eau potable au Manitoba MAC = 0.28 mg/L 2011[28]
Réglementation sur les sites contaminés de la Colombie-Britannique Normes sur le sol:
Agriculture et sites résidentiels à faible densité :
1.5 mg/g
Parcs urbains et sites résidentiels à haute densité :
3.0 mg/g
Sites commerciaux et industriels : 25 mg/g
Normes de l’eau potable : 0.28 mg/L
2017[29]
Réglementation du Québec régissant la qualité de l’eau potable MAC = 0.21 mg/L 2015[30]
Limite maximale de résidus
dans les aliments de Santé Canada
Type de nourriture :
Lentilles : 4 ppm
Lait et œufs : 0,08 ppm
Viande (bœuf, volaille, chèvre, porc): 0,08 ppm
Avoine : 15 ppm
Colza : 20 ppm
Maïs : 3 ppm
Blé : 5 ppm
2015[31]
Directives sur l’eau potable de l’OMS Glyphosate : «présent dans l’eau potable à
des concentrations inférieures aux limites permises de Santé Canada.»
2011[32]
Système national de classification des lieux contaminés Classe : « Risque moyen » 2008[33]
ppm = parts par million
MAC = Concentration Maximale Premise
*Les normes ont force de loi et s’appliquent, tandis que les lignes directrices (y compris les critères de qualité de l’air ambiant de l’Ontario) décrivent les concentrations de contaminants dans l’environnement (par exemple l’air, l’eau) qui protègent contre les effets néfastes sur la santé, l’environnement ou l’esthétique (par exemple les odeurs)

Le glyphosate n’est cité dans aucune autre directive, norme ou liste de produits chimiques examinées par le gouvernement canadien.

Statut juridique canadien[34]

Juridiction Titre de la loi Notes
Fédérale Loi sur les produits antiparasitaires, CS, 2002, c 28 Non inclus
  Liste des formulants et des contaminants de produits antiparasitaires qui soulèvent des questions de santé ou d’environnement, SI/2005-114 Non inclus
  Règlements sur les produits antiparasitaires, DORS/2006-124 Non inclus
Provinciale et territoriale    
NL, NT, NU, PEI, QC, SK, YK Titres multiples. Non inclus
AB Environmental Code of Practice for Pesticides under the Environmental Protection and Enhancement Act, RSA 2000, cE-12 L’application de glyphosate est restreinte à des méthodes précises pour des herbes spécifiques, à certaines distances de plans d’eau et superficie traitée.
BC Integrated Pest Management Regulation, BC Reg 604/2004 L’application de glyphosate est restreinte à des méthodes précises pour des herbes spécifiques, à certaines distances de plans d’eau et superficie traitée.
MB Non-Essential Pesticide Use Regulation, Man Règl. 285/2014 Le glyphosate est interdit pour usage domestique et cosmétique.
NB Loi sur le contrôle des pesticides, RSNB 2011, c 203 (remplace la Loi sur le contrôle des pesticides, RSNB 1973, c P-8) Le glyphosate est interdit pour usage domestique et cosmétique.
NS List of Allowable Pesticides Regulations, NS Reg 181/2010 Le glyphosate est interdit pour usage domestique et cosmétique.
ON Pesticides Act, RSO 1990, c P. 11, as amended by the Cosmetic Pesticides Ban Act, 2008, S.O. 2008, c. 11 – Bill 64 Le glyphosate est interdit pour usage domestique et cosmétique.

Plusieurs gouvernements provinciaux, territoriaux et municipaux ont adopté des lois visant à réduire les risques pour la santé et l’environnement provenant des pesticides, dont notamment le glyphosate. Celui-ci peut faire l’objet de restrictions quant à ses ventes, sa production ou le commerce.[35,36] Bien que plusieurs provinces et un territoire aient adopté une forme ou une autre de politique relative à l’utilisation de pesticides dans les produits cosmétiques (QC, 2003; NB, 2009; ON, 2009; AB, 2010; PEI, 2010; NS, 2010; NL, 2012; YK 1994), seules les lois de l’Ontario et de la Nouvelle-Écosse sont considérées assez solides pour réduire considérablement l’exposition aux pesticides dans les produits cosmétiques.[36] «Cosmetic Pesticide Ban Act» de l’Ontario, qui impose les restrictions les plus sévères en matière de pesticide de pelouse et de jardin en Amérique du Nord, interdit l’utilisation de plus de 250 pesticides et de plus de 95 ingrédients de pesticides, dont le glyphosate, à des fins cosmétiques.[37]

Utilisations principales

L’activité herbicide du glyphosate a été découverte en 1970; le produit fut commercialisé en 1974 par Monsanto et inscrit pour utilisation au Canada en 1976.[27] C’est actuellement un des herbicides les plus utilisés au Canada dans les domaines de l’agriculture, de l’usage domestique, du secteur forestier et des applications commerciales.[36] Un certain nombre de plantes ont été génétiquement modifiées afin de ne pas être affectés par le glyphosate; ce sont le soja, le maïs, le coton et le colza.[38] Le glyphosate est largement utilisé dans le secteur agricole au Canada,[3] mais aussi dans le secteur forestier, dans la lutte contre les plantes adventices, les pelouses et les jardins et les milieux aquatiques.[1]

Depuis que l’ARLA a commencé à faire le suivi des ventes de pesticides au Canada en 2006, l’utilisation du glyphosate n’a cessé d’augmenter. Cette situation est essentiellement due en raison de la plus grande utilisation du glyphosate pour les cultures qui le tolèrent, des pratiques de semoir pour semis direct (sans opération préalable de labour depuis la dernière récolte dans le but de réduire l’érosion et de maximaliser la biodiversité du sol), des plus grandes superficies de cultures de maïs et de colza qui tolèrent le glyphosate ainsi que la culture du bleuet.[3,39] En raison de la vaste utilisation du glyphosate et du fait qu’il est essentiellement utilisé comme désherbant, la résistance des mauvaises herbes devient un problème de plus en plus sérieux dans plusieurs pays.[40] L’herbe à poux géante est un exemple d’une mauvaise herbe résistante au glyphosate qui a été documentée pour la première fois en 2009.[41]

Exemples de l’utilisation du glyphosate au Canada:[42]

 

  • Secteur agricole : lutte contre les plantes adventices sur les clôtures, dans les aires d’entreposage, près de cultures tolérantes au glyphosate, le long de canaux d’irrigation ainsi que sur les superficies en jachère et les superficies non cultivées; pratiques agricoles minimales et de semis directs; renouvellement de pâturages et l’élimination de végétaux sur le sol dans les vergers.
  • Secteur forestier : élimination de végétaux sur le sol des arbres à feuilles caduques, de buissons et de végétaux de conifères et des opérations de plantation d’arbres.
  • Secteur industriel et commercial : aménagement paysager près des autoroutes et routes, droits de passage de chemins de fer, entrepôts, voies navigables publiques, terrains de golf, cimetières et campus.
  • Secteur résidentiel : élimination de l’herbe à puce, du sumac de l’Ouest, de plantes grimpantes et de mauvaises herbes vivaces de terrasses, de surfaces asphaltées, d’entrée de garage, de rocailles et autres endroits.

Production et commerce canadiens

Selon le Règlement concernant les rapports sur les renseignements relatifs aux ventes de produits antiparasitaires entré en vigueur en novembre 2006, tous les pesticides vendus au Canada doivent être inscrits auprès de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada.[43]

L’ARLA effectue une nouvelle évaluation du glyphosate. Le produit sera toujours inscrit, mais devra respecter de nouveaux protocoles relatifs à l’étiquetage pour l’utilisation sécuritaire pour la santé et l’environnement.[44]

Depuis 2007, le glyphosate est le pesticide le plus vendu au Canada avec plus de 25 000 000 kg de principes actifs par année.[3,43,45,46,47] Ces ventes représentent surtout le secteur agricole, où le glyphosate est le pesticide à la plus haute teneur en principes actifs. Il ne s’est pas situé parmi les 10 premiers principes actifs vendus dans les secteurs autres que l’agriculture et l’usage domestique, pour la période 2007-2008; il s’y est classé en 10e position dans le secteur domestique. Aucune information n’est disponible sur les ventes de glyphosate au Canada depuis 2013. La consommation mondiale de glyphosate pour 2011 est évaluée à 650 000 000 kg de principes actifs par année et augmente sans cesse.[48]

 

Tableau comparatif des ventes de glyphosate* en Colombie-Britannique (BC)[39], au Québec (QC)[49]**, en Ontario (ON)[50], et en Alberta (AB)[51]

*Comprend les ventes totales dans tous les secteurs pour BC, AB et QC et uniquement le secteur agricole de ON.
**QC utilise des groupes de produits chimiques pour signaler les ventes de pesticides au lieu de principes actifs individuels. Les valeurs signalées concernent les acides phosphoniques et phosphiniques (essentiellement du glyphosate).

Les données sur les ventes dans les provinces et les territoires sont très limitées. Cependant, les ventes de glyphosate ont considérablement augmenté entre 2003 et 2008-2010, de 106 p. cent en Colombie-Britannique, de 11 p. cent au Québec, de 76 p. cent en Ontario de 76 p. cent de 112 p. cent en Alberta.[39,49,50,51]

Exposition dans l’environnement

Dans la population générale, l’exposition au glyphosate est causée par certains aliments, l’utilisation domestique, le contact direct avec la peau ou l’inhalation pendant la manipulation de pesticides.[5,52] Les brouillards de glyphosate risquent de contaminer l’air et le sol lorsque le vent les poussent vers des zones résidentielles voisines.[53,54] Les habitants de zones à proximité de terres agricoles peuvent être plus exposés aux pesticides que ceux de zones non agricoles en raison de la proximité de zones où la fréquence d’utilisation de pesticides est élevée.[55,56]

CAREX Canada estime que plus de 2 millions de Canadiens vivent dans des zones où le risque d’exposition au glyphosate est élevé, soit environ 6 % de la population canadienne. Comme il faut s’y attendre, l’exposition varie en fonction de l’activité agricole et du type de culture. Le Québec compte le plus grand nombre d’habitants fortement exposés (1,31 million de personnes). Le Manitoba et la Saskatchewan sont les provinces où le taux d’exposition est supérieur à la moyenne pour une grande partie de leur population. Comme il faut s’y attendre, dans les provinces ou les régions où l’agriculture est moins intensive, les taux d’exposition estimés sont beaucoup plus faibles.

Dans l’environnement, le glyphosate se lie étroitement au sol dans lequel il finit par être décomposé par les microbes. La demi-vie du glyphosate dans le sol est en moyenne de 47 jours, mais elle varie fortement en fonction des circonstances locales.[57] En raison de son pouvoir d’absorption élevé, le glyphosate serait liée à un faible risque de contamination des eaux souterraines; cependant, il risque de contaminer les eaux de surface quand il sert à combattre les mauvaises herbes en milieu aquatique, en cas de déversement ou d’érosion du sol.[58,59]

Un programme canadien de surveillance de la qualité de l’eau mis en œuvre entre 2003 et 2005 a révélé que les concentrations de glyphosate s’élevaient à 9 000 nanogrammes par litre dans les eaux de ruissellement et à 13 000 ng/L dans les eaux de surface de la basse vallée du Fraser en Colombie-Britannique.[60] Ces concentrations sont bien inférieures à la concentration maximale admissible établie à 280 000 ng/L dans les Recommandations pour la qualité de l’eau potable au Canada et à 65 000 ng/L dans les lignes directrices relatives à la qualité de l’eau du Conseil canadien des ministres de l’environnement. Dans aucune autre province soumise à des tests, la présence de glyphosate n’a été décelée en quantité appréciable.[60]

Exposition en milieu de travail

En milieu de travail, les principales voies de pénétration sont la voie cutanée et la voie pulmonaire.[61]

CAREX Canada estime qu’entre 38 000 et 56 000 travailleurs du secteur agricole canadien sont exposés au glyphosate. Le contact se produit pendant le mélange, le chargement et l’application, mais un nombre beaucoup plus élevé de travailleurs seraient exposés pendant d’autres activités liées à l’exploitation agricole, par contact cutané avec les cultures traitées. Les exploitations agricoles pour lesquelles on enregistre le plus grand nombre de travailleurs exposés sont les fermes productrices de céréales et d’oléagineux et les fermes laitières et bovines (qui appliquent du glyphosate sur les cultures fourragères). Pour obtenir plus de renseignements, consulter la rubrique intitulée occupational exposure estimate (en anglais uniquement).

Les travailleurs des secteurs autres que celui de l’agriculture (p. ex. services publics, sylviculture) peuvent aussi être exposés au glyphosate.[62,63]

Sources

1. United States Environmental Protection Agency (US EPA). R.E.D. FACTS: Glyphosate (1993) (PDF)
2. Lawrence, K. Herbicide Handbook, 8th Ed. (2002) Weed Science Society of America.
4. Bradberry, S. M., Proudfoot, A. T. & Vale, J. A. « Glyphosate poisoning. » Toxicol Rev 2004;23,159–167.
5. Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire. Étiquette de pesticides (Critère de recherche : glyphosate, accédé en janvier 2016)
6. Monographie du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Volume 12 – Évaluation de cinq insecticides et herbicides organophosphatés (2015). (PDF)
10. US EPA. Glyphosate (2015)
17. Gouvernment of Newfoundland and Labrador. Regulation 5,12 Occupational Health and Safety Regulations (2018)
18. Government of Prince Edward Island. Occupational Health and Safety Act Regulations Chapter 0-1 (2013) (PDF)
22. Government of Saskatchewan. The Occupational Health and Safety Regulations, 304 (2016) (PDF)
23. Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. Règlement sur la santé et la sécurité au travail, 456 (2020) (PDF)
25. Occupational Safety and Health Administration (OSHA). Annotated PELs (2020)
29. Government of British Columbia. Contaminated Sites Regulation B.C. Reg. 375/96 (2017)
31. Santé Canada. Limites maximales de résidus pour pesticides de Santé Canada (Critère de recherche : Glyphosate, accédé en septembre 2015)
33. Conseil canadien des ministres de l’environnement. Système national de classification des lieux contaminés – Document d’orientation (2008)
37. Gouvernement de l’Ontario. Loi sur les pesticides (2015)
40. Powles, S. B. « Evolved glyphosate-resistant weeds around the world: Lessons to be learnt. » Pest Manag Sci 2008;64,360–365.
44. Agence de réglementation pour la lutte antiparasitaire. Projet de décision de réévaluation PRVD2015-01, Glyphosate (Archivée. 13.04.2015)
51. Byrtus, G. Overview of 2008 Pesticide Sales in Alberta. Policy Division Alberta Environment (2011)
52. Acquavella JF, Alexander BH, Mandel JS,  Gustin C,Baker B, Chapman P, Bleeke M. “Glyphosate biomonitoring for farmers and their families: Results from the farm family exposure study.” Environ Health Perspect 2004;112:321-326.
53. US Environmental Protection Agency (EPA). Spray Drift of Pesticides. (1999).
54. Canadian Council of Ministers of the Environment (CCME). Canadian Water Quality Guidelines for the Protection of Aquatic Life: Glyphosate (2012)
56. Ward MH, Lubin J, Giglierano J, Colt JS, Wolter C, Bekiroglu N, et al. “Proximity to crops and residential exposure to agricultural herbicides in Iowa.” Environ Health Perspect 2006;114:893-897.
58. Canadian Council of Ministers of the Environment (CCME). Canadian Water Quality Guidelines for the Protection of Aquatic Life: Glyphosate (2012)
59. US Environmental Protection Agency (EPA). R.E.D. FACTS: Glyphosate (1993) (PDF)
61. National Pesticide Information Centre (NPIC). Glyphosate General Fact Sheet (2010) (PDF)
63. United States Department of Agriculture (USDA). Forest Service: Glyphosate – Human Health and Ecological Risk Assessment(2011) (PDF)

 

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Radon

Radon

Radon

RAYONNEMENT – AGENT CANCÉROGÈNE (IARC 1)

CAS No. 10043-92-2
IARC Monograph Vol. 43, 1988 (Group 1)
IARC Monograph Vol. 78, 2001 (Group 1)
IARC Monograph Vol. 100D, 2012 (Group 1)

Radon

Renseignements généraux

Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle que l’on trouve sous plusieurs formes isotopiques.[1] Ce gaz produit par la dégradation chimique naturelle de l’uranium dans les sols et les roches est incolore, inodore et insipide.[1] Lorsque le radon se désintègre, il produit des rayonnements ionisants ainsi que d’autres espèces que l’on appelle les produits de filiation.[2] Dans l’environnement humain, on trouve deux isotopes de radon en grande concentration, soit le 222Rn et le 220Rn «thoron».[1] Le 222Rn est l’isotope le plus important du radon parce qu’il a une demi-vie très courte.[1]

On trouve le radon et ses produits de désintégration partout dans l’air, l’eau et le sol. On l’appelle également alphatron ou niton.[3]

Le radon a été classifié par le CIRC comme étant un agent cancérogène pour l’homme, du groupe 1 ayant un lien bien établi avec le cancer du poumon.[3] Une nouvelle étude du CIRC sur les agents cancérogènes du groupe 1 a confirmé cette classification.[4]

Plusieurs études des données épidémiologiques ont démontré une relation de cause à effet entre le degré d’exposition à haute dose au gaz du radon en milieu professionnel et une incidence accrue du cancer du poumon.[1] On a démontré que le degré d’exposition au radon allié à celui de la fumée de cigarette avait un effet synergétique sur le développement du cancer du poumon.[5,6]

En 2012, en se fondant sur les résultats d’un sondage sur le radon en zone résidentielle dans tout le pays, Santé Canada estimait que 16 % des décès à la suite du cancer du poumon «plus de 3 000 cas par an» étaient attribuables au degré d’exposition au radon.[7]

Règlements et directives

Limite d’exposition en milieu de travail (LEMT)

Le gouvernement canadien a préparé un nombre de lignes directrices que les provinces et les territoires peuvent utiliser pour élaborer leurs propres règlements. Les Lignes directrices canadiennes pour la gestion de matières radioactives naturelles (MRN) recommandent une dose efficace annuelle de 20 mSv pour les travailleurs exposés professionnellement et de 1 mSv pour les travailleurs exposés occasionnellement.[8] Les Lignes directrices du gouvernement du Canada sur le radon recommandent une concentration maximale dans l’air des habitations et les édifices publics (écoles, hôpitaux, établissement de soin de longue durée, les établissements correctionnels, etc.) de 200 becquerels par mètre cube (Bq/m3).[9] Le Code canadien du travail exige que les concentrations de radon dans l’air ambiant soient inférieures à 800 Bq/m3 dans les lieux de travail du gouvernement fédéral (pour les travailleurs du secteur énergétique non nucléaire).

Le tableau suivant résume les lignes directrices d’exposition dans les diverses juridictions du Canada. Le tableau 1 résume les LEMT spécifiques au radon et le tableau 2 résume les LEMT de rayonnement incluant les sources de radon. L’Île-du-Prince-Édouard n’applique aucune LEMT pour le radon.[10]

Tableau 1. LEMT spécifique au radon

Juridiction canadienne LEMT (unités multiples)
Gouvernement fédéral : Code canadien du travail[11] Travailleurs du secteur énergétique non nucléaire: 800 Bq/m3
MB,[12] NL,[13] NS[14] 4 unités alpha-mois/an (adopte les lignes directrices de l’ACGIH);
ALARA
NB[15,16] Mineurs de fond : 4,8 unités alpha-mois/an, la moyenne pondérée dans le temps ne peut dépasser 0,4 unité alpha-mois;
ALARA
Autres travailleurs : aucune
ON[17,18] 4 unités alpha-mois/an (adopte les directives de l’ACGIH);
Travailleurs dans les mines et les exploitations minières : 1 unité alpha-mois;
ALARA
YT[19] Tous les travailleurs : dose efficace annuelle = 1 niveau opérationnel;
ALARA
Autres OEL
ACGIH 2018 TLV[20] 4 unités alpha-mois/an; ALARA
ACGIH = American Conference of Governmental Industrial Hygienists
AED = dose efficace annuelle (annual effective dose)
ALARA = niveau le plus faible qu’il soit possible d’atteindre (as low as reasonably achievable)
Bq/m3 = becquerels par mètre cube (le becquerel est une unité de mesure de radioactivité)
mSv = milliSievert
TWA = moyenne pondérée dans le temps (time weighted average)
WL = niveau opérationnel (working level) (concentration de radon de descendance radioactive dans 1 m3 d’air ayant un potentiel énergétique de 2,08×10-5
WLM = unité alpha-mois (working level months) (exposition causée par l’inhalation de l’air contenant une unité opérationnelle par 170 heures)
WLM/year = unités alpha-mois/an (working level months per year)

 

Tableau 2. Autres LEMT incluant le radon

Juridictions canadiennes LEMT (unités multiples)
Gouvernement fédéral[21] Travailleur de l’énergie nucléaire : dose efficace annuelle = 50 mSv;
Travailleur de l’énergie non nucléaire : dose efficace annuelle = 1 mSv;
ALARA
AB[22] Travailleur sous rayonnement : dose efficace annuelle = 50 mSv;
Autre travailleur, non sous rayonnement : dose efficace annuelle = 1 mSv;
ALARA
BC[23] Dose efficace annuelle = 20 mSv*;
ALARA
NT & NU[24,25] Travailleur de l’énergie nucléaire : dose efficace annuelle = 50 mSv; 100 mSv sur toute période de 5 ans;
Travailleur autre que du secteur nucléaire : dose efficace annuelle = 1 mSv;
ALARA
QC[26] Travailleur de l’énergie nucléaire : dose efficace annuelle = 50 mSv, ou en moyenne 20 mSv/an sur 5 ans;
Travailleur autre que du secteur nucléaire : dose efficace annuelle = 1 mSv;
ALARA
SK[27] Travailleur de l’énergie nucléaire : dose efficace annuelle =50 mSv, ou 100 mSv sur une période de 5 ans;
Travailleur autre que du secteur nucléaire : dose efficace annuelle = 1 mSv;
ALARA
*S’applique à tous les travailleurs exposés à une source de rayonnement ionisant, sauf indication contraire
AED = dose efficace annuelle (annual effective dose)
ALARA = niveau le plus bas qu’il soit possible d’atteindre (as low as reasonably achievable)
mSv = milliSievert
Travailleur de l’énergie nucléaire = travailleur exposé aux rayonnements, probablement à une dose dépassant la limite permise pour les membres du public
Travailleur sous rayonnements = travailleur qui utilise des rayonnements ionisants ou qui utilise directement un équipement de rayonnement ionisant précis ou une source de rayonnement ionisant
TWA = moyenne pondérée dans le temps (time weighted average)
WL = niveau opérationnel (working level)
WLM = unité alpha-mois (working level months)
WLM/year = unité alpha-mois par an

Directives environnementales au Canada

Juridiction Limite Année
Directives sur le radon du gouvernement du Canada 200 Bq/m3 2009[28]
Bq/m3 = becquerels par mètre cube (becquerel: une mesure de radioactivité)

Utilisations principales

Le radon n’a pas d’utilisation industrielle importante, mais il est produit en petites quantités aux fins de recherche. Il est alors utilisé pour déclencher et influencer des réactions chimiques.[1]

Par le passé, le radon fut utilisé pour le traitement des ulcères, des allergies, de l’arthrite et de tumeurs.[1] Il continue à être utilisé de nos jours à des fins thérapeutiques dans certains pays européens, afin de procurer un soulagement de la douleur provoquée par la polyarthrite rhumatoïde.[29,30]

Degrés d’exposition environnementale

L’inhalation est la voie d’exposition au radon la plus courante pour la population. L’exposition au radon par l’ingestion d’eau potable est possible, bien que très peu de preuve indique que l’ingestion de ce gaz cause le cancer.[2] CAREX Canada estime que les niveaux de radon de l’air extérieur et ambiant sont des sources importantes de risque de cancer au Canada « qualité modérée des données ». En outre, les estimations du risque pour les agents cancérogènes de l’air intérieur montrent que le radon est la plus haute priorité dans l’environnement canadien.[31] Le degré d’exposition environnementale au radon par l’inhalation de poussière à l’intérieur de maisons, par l’ingestion d’eau potable, de nourriture et de boissons, est négligeable.

 

Les niveaux de radon sont considérablement supérieurs à l’intérieur qu’à l’extérieur. Au Canada, on trouve du radon dans les maisons nouvelles et anciennes et les édifices publics tels que les hôpitaux, les écoles, les établissements de soin et les centres de détention.[32] Le radon pénètre dans les édifices lorsque la pression d’air à l’intérieur est inférieure à celle du sol entourant la fondation.[33] Cette différence de pression attire l’air et d’autres gaz, incluant le radon, dans les édifices à travers les fissures et les ouvertures de la fondation, les joints de construction, les ouvertures autour des tuyaux, les pompes de puisard et drains, les fenêtres ou ouvertures dans les murs à l’intérieur. On peut aussi trouver du radon dans l’eau souterraine des puits de particuliers ou de petites communautés. Lorsque l’eau est agitée par la prise de douches, la lessive et la cuisine, le radon peut pénétrer dans la maison.[34]

Les concentrations du gaz dans l’environnement varient selon plusieurs facteurs, incluant les caractéristiques de l’édifice (p. ex. la ventilation et le colmatage), le style de vie de l’occupant (p. ex. utilisation des fenêtres et du foyer), les caractéristiques géologiques, et la nature du sol.[2] Les plus fortes concentrations se trouvent dans les régions présentant des gisements de minerai d’uranium et de thorium ainsi que dans les formations de granit.[2] Les niveaux de radon dans les bâtiments dépendent aussi de la saison. On constate que les niveaux sont élevés l’hiver, car les fenêtres restent fermées en raison du froid, ce qui diminue la ventilation. Le niveau de radon peut changer radicalement en l’espace de 24 heures (multiplié par deux ou trois).[32] Les niveaux les plus élevés se produisent l’hiver parce que les fenêtres et les portes restent fermées, scellant les édifices et par conséquent réduisant la ventilation. Lorsque les édifices sont bien scellés pour conserver de l’énergie, des niveaux plus élevés de radon s’accumulent aussi.[35]

La plupart des maisons canadiennes contiennent un certain niveau de radon.[33] Une étude menée à travers le pays par Santé Canada entre 2009 et 2011 sur les concentrations de radon dans les maisons indique que dans 6,9 % des maisons vérifiées, l’air ambiant présentait une concentration de radon supérieure à la directive canadienne en vigueur qui est de 200 Bq/m3.[36] Les résultats indiquent que les niveaux de radon varient considérablement à travers le pays. Le radon est plus répandu à l’intérieur des maisons dans plusieurs régions, mais aucune partie du pays n’est « libre de radon ». La Saskatchewan, le Manitoba, le Nouveau-Brunswick et le Yukon comptaient le plus grand nombre de maisons participantes dont le niveau de radon dépassait la directive en la matière. En moyenne, les Canadiens reçoivent une dose de rayonnement annuelle d’environ 1,0 mSv provenant de l’inhalation d’un produit de filiation du radon.[9] Cette dose varie grandement dans le pays selon la composition géologique de la région. À Vancouver, la dose moyenne est de 0,2 mSv/an, alors qu’à Winnipeg, elle est de 2,2 mSv/an.

Pourcentage de concentrations au dessus de 200 Bq/m3 par région sanitaire
2009-2011 L’Enquête pancanadienne sur les concentrations de radon dans les habitations – Résultats des phases 1 et 2

Pour plus d’information, voir l’onglet expositions environnementales (en anglais uniquement).

Degrés d’exposition en milieu de travail

L’exposition au radon la plus importante en milieu de travail provient de l’inhalation.[2] Le radon se trouvant dans l’eau souterraine, le sol, ou les matériaux de construction, peut entrer dans le milieu de travail et se dégrader en produits de filiation radioactifs.[3,4]​ CAREX Canada estime qu’environ 190 000 Canadiens sont exposés à l’amiante en milieu de travail. Par secteur industriel, les groupes les plus exposés sont les écoles élémentaires et secondaires, l’administration publique provinciale et territoriale, ainsi que les universités. Par profession, les plus grandes expositions se produisent chez les assistants administratifs, les employés de bureau généraux, les réceptionnistes et les enseignants des écoles élémentaires et maternelles.

Étant donné qu’il s’agit d’un gaz plus lourd que l’air, les niveaux de radon dans les endroits restreints ou souterrains sont souvent élevés si on les compare avec ceux qui sont contenus dans l’air extérieur.[2,4] Les travailleurs les plus exposés au radon sont ceux qui travaillent dans les mines souterraines, particulièrement les mines d’uranium.[1] Les autres travailleurs passant du temps sous terre (par exemple dans le métro ou dans les tunnels des services publics) risquent davantage d’être exposés au radon. Les employés travaillant n’importe où à l’intérieur peuvent aussi être exposés au radon, surtout s’ils travaillent dans des pièces présentant de hautes concentrations de radon «par exemple, les sous-sols».

D’autres métiers pouvant éventuellement être exposés au radon comprennent les employés à la remédiation «surtout dans les sites miniers», les producteurs d’engrais phosphaté, les chercheurs utilisant le radon et les utilisateurs d’excavatrices dans la construction. Peu de renseignements sont disponibles sur la présence de radon dans les milieux de travail au Canada. Il y a quatre mines d’uranium actives au Canada; tous sont situés en Saskatchewan. En 1998, on a associé les niveaux élevés de radon avec la production de propane en Colombie-Britannique, avec des concentrations s’élevant jusqu’à 4 958 Bq/m3.[37] En Nouvelle-Écosse, les concentrations de radon ont été recueillies sur une période de trois mois dans 21 lieux de travail présentant un potentiel élevé d’exposition au radon, y compris des installations de traitement de l’eau et des centrales au charbon. La concentration maximale mesurée était de 202 Bq/m3.[38]

Le degré d’exposition au radon en milieu de travail est mesuré par le Bureau de la radioprotection de Santé Canada pour les mineurs d’uranium. Dans le Fichier dosimétrique national du Canada, on trouve les données du degré d’exposition des travailleurs exposés aux rayonnements dans tout le Canada.[39]

Selon une fiche de renseignements intitulée Burden of Occupational Cancer in Canada, l’exposition au radon en milieu de travail cause annuellement environ 190 cancers du poumon, d’après les expositions recensées entre 1961 et 2001 [40,41]. Cela représente 0,8 % de tous les cancers du poumon diagnostiqués annuellement. L’exposition au radon est très fréquente parmi les travailleurs de nombreuses industries. Les travailleurs les plus touchés par les cancers liés au radon sont ceux des secteurs de la finance, des assurances, de l’immobilier et du crédit-bail, du commerce, de l’exploitation minière, de l’industrie pétrolière et gazière et l’administration publique. En 2011, les cas de cancer du poumon nouvellement diagnostiqués causés par l’exposition au radon en milieu de travail représentaient environ 185 millions de dollars[41].

Pour plus d’information, voir l’onglet expositions professionnelles (en anglais uniquement).

Sources

Photo: Flickr, Michael Buck

1. National Toxicology Program. NTP 13th Report on Carcinogens for Ionizing Radiation (2014) (PDF)
2. Agency for Toxic Substances and Disease Registry. ATSDR Toxicological Profile for Radon (2008) (PDF)
3. Centre international de recherche sur le cancer. Sommaire de monographie CIRC, Volume 78 (2001) (PDF)
4. Centre international de recherche sur le cancer. Sommaire de monographie CIRC, Volume 100 Part D (2012) (PDF)
5. US Environmental Protection Agency. EPA: Radon Health Risks (2015)
6. US Environmental Protection Agency. EPA: Why is radon the public health risk that it is? (2014)
10. Government of Saskatchewan. Radiation Health and Safety Regulations (2005) (PDF)
13. Newfoundland and Labrador Regulation. Occupational Health and Safety Regulations, s. 42(7)(c) (2012)
15. New Brunswick Regulation. New Brunswick Regulation 96-105(1996) (PDF)
19. Yukon Workers’ Compensation Health and Safety Board. Yukon Occupational Health Regulations. Section 45. Radon Gas
20. American Conference of Governmental Industrial Hygienists. ACGIH 2018 TLVs and BEIs (2015)
24. The Canadian Legal Information Institute (CanLII). Government of Nunavut’s Occupational Health and Safety Regulations, Nu Reg 003-2016 (2010)
25. Government of the Northwest Territories. Occupational Health and Safety Regulations, R-039-2015 (2016) (PDF)
26. Département de la justice. Radiation Protection Regulations (SOR/2000-203) (2000)
27. Government of Saskatchewan. The Occupational Health and Safety Regulations, 1996 (2016) (PDF)
28. Gouvernement of Canada. Gouvernement du Canada: Radon (2009)
29. Falkenbach A, Kovacs J, Franke A, Jörgens K, Ammer K. « Radon therapy for the treatment of rheumatic diseases -review and meta-analysis of controlled clinical trials. » Rheumatol Int 2005;25(3):205-210.
30. Franke A, Reiner L, Pratzel HG, Franke T, Resch KL. « Long-term efficacy of radon spa therapy in rheumatoid arthritis: a randomized, sham-controlled study and follow-up. » Rheumatology 2000;39:894-902.
31. Setton E, Hystad P, Poplawski K, Cheasley R, Cervantes-Larios A, Keller CP, Demers PA. « Risk-based indicators of Canadians’ exposures to environmental carcinogens. » Environ Health 2013;12(1):15.
33. Santé Canada. Du radon dans votre maison? (2014)
35. Jones B, Ridley I, Chalabi Z, Armstrong B, Davies M. « Home energy efficiency and radon related risk of lung cancer: modelling study. » BMJ 2014;348:f7493.
37. McGregor RG, Vasudev P, Letourneau EG, McCullough RS, Prantl FA, Taniguchi H. « Background Concentrations of Radon and Radon Daughters in Canadian Homes. » Health Phys 1980;32(2):285-289.
38. Mersereau HE, Scott A, Whelan K. « Workplace indoor radon survey in Nova Scotia, Canada. » Environmental Health Review2015;56(1):13-18.
40. Labrèche F, Kim J, Song C, Pahwa M, Calvin BG, Arrandale VH, McLeod CB, Peters CE, Lavoué J, Davies HW, Nicol AM. “The current burden of cancer attributable to occupational exposures in Canada.” Prev Med 2019;122:128-39.
41. Occupational Cancer Research Centre. Burden of Occupational Cancer (2017)

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Rayonnement Solaire

Renseignements généraux

Le rayonnement solaire comprend la majorité du spectre électromagnétique,[1] y compris le rayonnement ionisant «rayons cosmiques, rayons gamma et rayons X», le rayonnement optique «rayons ultraviolets, rayons lumineux et infrarouge» et le rayonnement de radiofréquences.[2] Les longueurs d’onde comprises entre 100 et 400 nm dans la bande optique sont connues comme étant des rayons ultraviolets (UV) à large spectre que les plantes utilisent dans la photosynthèse et les humains dans la synthèse de la vitamine D.[1] Ces longueurs d’onde peuvent aussi être nuisibles aux êtres vivants.[1] Les trois composantes des UV sont : UV-A (315-400 nm), UV-B (280-315 nm) et UV-C (100-280 nm).[1,2]

Les rayons ultraviolets sont produits par une variété de sources de lumière naturelle et artificielle.[3] La source naturelle principale d’exposition aux rayons ultraviolets est le soleil. Environ 95 p. cent de la lumière du soleil atteignant la surface de la terre sont des UV-A et cinq p. cent sont des UV-B.[1,2] C’est l’atmosphère qui enlève les rayons UV-C du soleil.[4] Les degrés d’exposition aux rayons ultraviolets provenant du soleil pour la population générale varient selon les conditions géographiques, saisonnières, le moment de la journée et la météorologie,[4] ainsi que selon le temps passé à l’extérieur et la surface de la peau exposée.[4]

Au cours du siècle dernier, des sources artificielles de rayons ultraviolets ont contribué encore davantage aux degrés d’exposition pendant certaines activités professionnelles ou récréatives.[5] Pour obtenir davantage de renseignements sur ces sources d’exposition, veuillez consulter Rayons ultraviolets artificiels.

Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé le rayonnement solaire comme cancérogène du groupe 1 pour l’homme (3), présentant un lien bien établi avec le cancer de la peau «mélanome malin cutané et cancer de la peau non mélanocytaire».[1] Des études supplémentaires ont trouvé qu’il y avait un lien entre le rayonnement solaire et le mélanome de l’œil et le lymphome non hodgkinien.[1] Les rayons ultraviolets d’origine solaire sont la cause la plus importante du cancer de la peau, et le cancer de la peau est le cancer le plus commun du monde.

Règlements et directives

Aucune limite d’exposition professionnelle spécifique au rayonnement solaire n’a été établie au Canada.[6] En général, les limites d’exposition professionnelle aux rayons ultraviolets concernent les sources artificielles, bien que ces limites puissent être dépassées facilement par l’exposition au rayonnement solaire de l’extérieur pendant le printemps ou l’été.[5]

En ce qui concerne l’exposition aux rayons ultraviolets artificiels, beaucoup de juridictions canadiennes respectent les valeurs limites d’expositions aux rayons ultraviolets (VLE) établies par l’American Conference of Governmental Industrial Hygienists (ACGIH).[7] Le tableau ci-dessous indique les valeurs limites de l’exposition de l’ACGIH concernant les rayons ultraviolets avec des longueurs d’onde dans l’air comprises entre 180 et 400 nanomètres. Si une personne adulte à la peau claire normalement sensible est exposée à un rayonnement inférieur à ces valeurs limites, elle ne présentera sans doute pas d’effets aigus, tels que l’érythème «coup de soleil» ou la photokératite «la brûlure par flash électrique ou l’ophtalmie des neiges».[8] Cependant, presque toutes les provinces et territoires excluent le rayonnement solaire des limites d’exposition professionnelle aux rayons ultraviolets «sauf la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador, où les règlements de la santé et sécurité au travail n’excluent pas explicitement les rayons ultraviolets d’origine solaire des limites d’exposition aux rayons ultraviolets».

J/M= JOULES PER SQUARE METRE

Afin de contrôler l’exposition professionnelle aux rayons ultraviolets d’origine solaire, il existe plusieurs méthodes telles que les mesures administratives, les mesures techniques et l’équipement de protection individuelle (EPI).[8,9] Les mesures administratives comprennent l’établissement du calendrier, les programmes d’éducation, l’accès restreint et les panneaux d’avertissement.[9] Les endroits ombragés et les auvents font partie des mesures techniques pouvant être appliqués en milieu de travail.[9] Les vêtements, l’écran solaire et les lunettes de soleil font partie de l’EPI recommandé pour s’abriter du rayonnement solaire. En général, les mesures techniques sont préférables aux mesures administratives ou à l’EPI, cependant en certains cas l’EPI est l’unique option réalisable.[4]

Exposition environmentale

Les niveaux de rayons ultraviolets sont plus élevés dans les latitudes situées près de l’équateur. Dans les latitudes élevées, les niveaux de rayons ultraviolets maximum sont enregistrés pendant l’été lorsque le soleil est au plus haut «midi solaire».[4]

Les plus hautes altitudes ont une plus faible densité de l’air permettant d’absorber les rayons ultraviolets d’origine solaire; dans les régions montagneuses le niveau des rayons ultraviolets peut augmenter de 10 à 12 p. cent par élévation de 1000 mètres.[4,10]

En 1992, Environnement Canada a établi un indice UV[11] visant à informer les Canadiens de la force des rayons ultraviolets d’origine solaire. L’échelle de l’indice UV classe l’intensité des rayons ultraviolets de 0 à 11+ (bas à extrême). Les niveaux 11+ sont rares au Canada, mais l’indice UV peut atteindre 14 ou 15 dans les régions tropicales.[12,13] Les prévisions des niveaux de rayons ultraviolets sont accompagnées de recommandations correspondantes concernant les mesures de protection solaire.

Le sud des Prairies est l’endroit le plus ensoleillé du Canada, avec environ 2 400 heures de soleil par an.[14] Au contraire, St. John’s (Terre-Neuve), est la ville du Canada ayant le moins de soleil, avec une moyenne d’environ 1 512 heures par an.[14]

Exposition professionnelle

L’exposition au rayonnement solaire peut être dermale ou oculaire.

CAREX Canada estime qu’environ 1,7 million de Canadiens sont probablement exposés aux rayons ultraviolets d’origine solaire dans leur milieu de travail.

Tous les travailleurs exerçant leur métier à l’extérieur peuvent éventuellement être exposés au rayonnement solaire.[12] Les groupes industriels les plus importants pouvant être exposés comprennent le secteur de la construction, suivi du secteur agricole et des services aux bâtiments et maisons. Les plus grands groupes professionnels exposés au rayonnement solaire sont les agriculteurs, les gestionnaires d’exploitation agricoles, les assistants des métiers de la construction et les travailleurs de l’aménagement paysager et de l’entretien paysagiste.

D’autres catégories d’emploi pouvant également être exposés comprennent : les ouvriers forestiers, les pêcheurs, les mineurs des mines à ciel ouvert, les ouvriers de la construction et l’entretien des routes, les athlètes, les ouvriers de l’entretien, les ouvriers de pipeline, le personnel militaire et policier, les moniteurs de ski, les maîtres-nageurs, les travailleurs du pétrole, les facteurs, les géomètres, les marins et les travailleurs des voies ferrées.[5,12] Les gens qui travaillent à l’intérieur ne reçoivent que 10 à 20 p. cent de l’exposition annuelle que reçoivent les gens qui travaillent à l’extérieur.[10]

Selon une fiche de renseignements intitulée Burden of Occupational Cancer in Canada, l’exposition aux rayonnements solaires en milieu de travail cause annuellement environ 4 600 cancers de la peau non mélanocytaire, d’après les expositions recensées entre 1961 et 2001.[15,16] Cela représente 6,3 % des cancers de la peau non mélanocytaires qui sont diagnostiqués chaque année. La plupart des cancers de la peau non mélanocytaires liés à l’exposition aux rayonnements solaires en milieu de travail sont recensés chez les travailleurs des secteurs de l’agriculture et de la construction. En 2011, les nouveaux cas de cancer de la peau non mélanocytaire liés à l’exposition aux rayonnements solaires en milieu de travail représentaient des coûts d’environ 34,2 millions de dollars.[17]

Pour plus d’information, voir l’onglet expositions professionnelles (en anglais uniquement).

Le projet Sun Safety at Work Canada a conçu une série de ressources et d’outils que les lieux de travail peuvent utiliser pour cerner, évaluer et réduire le risque d’exposition aux rayonnements solaires en milieu de travail.

Sources

1. US Department of Health and Human Services. NTP 13th report on carcinogens for Ultraviolet Radiation Related Exposures (2014) (PDF)
2. Monographie du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Volume 55 (1997) (PDF)
3. Santé Canada. Rayonnement ultraviolet (2011)
4. Gouvernement du Canada. Qu’est que le rayonnement ultraviolet? (2012)
5. Gouvernement de l’Ontario. Rayonnement ultraviolet dans les lieux de travail (2009) (PDF)
6. Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail. Fiche d’information Réponses SST : Le rayonnement ultraviolet (2005)
7. American Conference of Governmental Industrial Hygienists. TLV® Guidelines (2015)
8. World Health Organization. Ultraviolet Radiation as a Hazard in the Workplace (2003) (PDF)
10. World Health Organization, World Meteorological Organization, United Nations Environment Program and the Internal Commission on Non-Ionizing Radiation. Global Solar UV Index: A Practical Guide (2002) (PDF)
11. Environment Canada. The UV Index and Ozone (2002)
12. Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail. Le cancer de la peau et le soleil (2015)
13. Toronto Public Health. Environment Canada’s UV Index (2004)
14. Current Results: Research news and science facts. Sunniest Cities in Canada (compiled from data from Environment Canada) (2011)
15. Labrèche F, Kim J, Song C, Pahwa M, Calvin BG, Arrandale VH, McLeod CB, Peters CE, Lavoué J, Davies HW, Nicol AM. “The current burden of cancer attributable to occupational exposures in Canada.” Prev Med 2019;122:128-39.
16. Occupational Cancer Research Centre. Burden of Occupational Cancer (2017)
17. Mofidi A, Tompa E, Spencer J, Kalcevich C, Peters CE, Kim J, Song C, Mortazavi S, Demers PA. “The economic burden of occupational non-melanoma skin cancer due to solar radiation.” J Occup Environ Hyg 2018;15(6):481-491.

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